Origines
Style de Karate Do Okinawaïen hérité de l’enseignement de Kambun Uechi, qui naquit à Okinawa le . Son père était un paysan et la famille Uechi vivait très modestement. Homme tranquille et très doux, le père se faisait souvent importuner par ses voisins. Aussi, le jeune Kanbun décida-t-il d’apprendre les arts martiaux pour devenir fort et se faire respecter. À l’âge de vingt ans, pour éviter la conscription, il partit en Chine. Là, en 1897, dans la province de Fujian, il fit la connaissance d’un maître chinois Zhou Zihe (Shu Shiwa en Okinawaïen). Shu Shiwa, expert d’une école de boxe chinoise du nom de Pangainoon, enseignera ce style à Kanbun pendant dix ans. Ce type d’art martial est basé sur les boxes du tigre, de la grue et du dragon. Son originalité est le travail main ouverte, les coups portés avec la pointe des orteils, des piques aux yeux, des blocages circulaires.
Kanbun Uechi
naquit à Okinawa en 1877. Pour éviter de faire son service national et pour apprendre les arts martiaux, Kanbun parti pour la Chine, à l’âge de 20 ans, et fit connaissance avec le maître chinois, Chou Tsu Wo, Shu Shi Wa en japonais. Au bout de 10 ans, Shu Shi Wa autorisa Kanbun à enseigner, honneur exceptionnel en Chine pour un étranger.
Lorsqu’il revint à Okinawa en 1910, il refusa d’enseigner, devint fermier et se maria. Il gardera le silence sur son enseignement jusqu’en 1926 où il commença à enseigner sa discipline à quelques amis Okinawaïens en cédant à leur forte demande. En 1932, il ouvrit son dojo à Wakayama et enseigna le Pangainoon Karate-Jutsu. Ce fut sa première ouverture au public. En 1946, il rentra à Okinawa en confiant son dojo à Ryuyu Tomoyose, son premier élève et mourut en 1948.
Kanei Uechi
rejoignit son père en 1927 à Wakayama et commença son apprentissage. Après 10 ans d’entraînement rigoureux, son père accepta qu’il ouvre son dojo à Osaka puis il déménage son dojo à Hyogo en 1940 et change le nom de Pangainoon karate-jutsu en Uechi-ryu Karate-jutsu. En 1942, il rentre à Nago, nord d’Okinawa.
Kanei a sacrifié sa vie entière pour développer et diffuser ce style. Il fut longtemps Président de la Fédération Okinawaienne de Karate-do qui lui remit le dixième dan en 1977. Il a contribué à approfondir les relations amicales entre les différents styles de karaté. A sa disparition en 1991, le dojo de Futenma est devenu le centre mondial de la discipline.
KATA
Le kata est une série technique de défenses et d’attaques. Il est constitué de blocages et de contre-attaques utilisant tous les membres du corps. La succession de mouvements est strictement déterminée, il faut correctement les apprendre et les connaitre par cœur.
Le kata à trois rôles principaux : le premier est d’apprendre les techniques du combat pour se défendre, le deuxième est de transmettre les techniques à la génération suivante et le troisième est de préserver la beauté de l’art martial car les kata pratiqués de génération en génération ont une beauté unique.
Un kata est constitué de 30 à 60 techniques martiales, il dure d’une à trois minutes. Le kata des débutants est simple et court, et devient plus difficile selon le niveau du pratiquant. Chaque kata a un nom pour le distinguer, il est nommé selon son rôle, ses techniques, le nom du créateur le nom du professeur, le nom de la région, le nom d’un animal. L’école Uechi Ryu possède 8 katas de combat. Ils se différencient par l’utilisation combinée des pieds, des poings, de techniques de paumes, de saisies et de projections. Sans oublier les coups de coudes et de genoux et les techniques de Chin Na. Il existe un neuvième Kata : Suparinpei Kanbun. Uechi l’aurait appris mais, n’a jamais voulu l’enseigner, il considérait sa connaissance insuffisante.
1er Kata : Sanchin
Sans apprendre correctement Sanchin, on ne peut maîtriser le Uechi Ryu. “Le plus simple et le plus compliqué, le commencement de la fin”.
Il signifie “3 combats” car il doit être pratiqué chaque fois avec toute l’énergie nécessaire comme si on se battait trois fois. C’est un kata de durcissement et de respiration qui endurcit et renforce tous les muscles du corps.
Ce kata est transmis tel que le pratiquaient Kanbun Uechi et Zhou Zihe en Chine. C’est pourquoi on considère que l’Uechi Ryu est une école non japonisée, fidèle à l’origine du style venant du Shaolin.
Une des particularités consiste à tester le pratiquant pendant l’exécution du kata. Le professeur frappe l’élève en des points bien précis, où les muscles relâchés se sentent mais ne se voient pas. Avec l’habitude du contact et une respiration spécifique, le corps est capable d’absorber sans effort un coup réellement porté. Une fois passé le stade de la peur du coup, on se consacre à la technique et les progrès en combat sont plus rapides et efficaces.
2ème kata : Kanshiwa
Le kata Kanshiwa est enseigné après Sanchin. Le nom de ce kata reprend la 1ere syllabe du prénom de Kanbun Uechi et les 2 dernières de Shu Shi Wa. Au début, il s’appelait Kanshabu, mais en 1970 le nom fut changé pour Kanshiwa lorsque le maître de Kanbun a prononcé « Shu Shabu » à la manière Chinoise. La phonétique Shu Shiwa est Japonaise.
L’attaque en seiken (poing fermé) apparaît uniquement dans ce kata.
3ème Kata : Kanshu
A l’origine ce kata s’appelait “Daïni Seisan”, la préparation à Seisan.
Dans les années 1970, le nom a été changé pour reprendre les premières syllabes du prénom de Kanbun Uechi et de Shu Shi Wa.
Il est l’œuvre de Itokazu Seiki (1926-) élève de Kanei.
4ème kata : Seichin
Signifie « 10 combats ou le combat à dix ans ».
Au Japon ancien, les garçons étaient majeurs à l’âge de 13 ans. Dix signifie presque « majeur ». Quand on apprend Seichin, on est presque un karatéka qui commence à connaître le bon et le mauvais coté de l’art martial.
La défense et l’attaque sont effectuées par le même bras. On peut utiliser les deux bras et un genou pour la défense en supposant deux ennemis.
Ce kata à été créé par Uehara Saburo (1900-1965).
5ème kata : Seisan
Signifie 13 techniques, ou 13 ans.
Quand on arrive à ce kata, on rejoint les ceintures noires, c’est à dire l’âge adulte pour un combattant.
Ce kata a été directement introduit de Chine par Kanbun.
6ème kata : Seiryu
S’écrit 16, signifiant techniques ou 16 ans.
C’est à dire que l’on est encore en phase d’entraînement pour obtenir la maturité après avoir atteint la majorité.
Ce kata a été créé par Kanei.
7ème kata : Kanchin
Partie de Kanbun et chin qui signifie combat. Kan veut dire aussi « perfection ».
On peut donc traduire, le combat de Kanbun ou le combat complet.
C’est le niveau d’indépendance pour le combat parfait, quand on maîtrise ce kata.
Kanei a crée ce kata pour chérir la mémoire de son père Kanbun.
8ème kata : Sanseiryu
Signifie 36 qui évoque 360 degrés, un rond entier.
Ce kata utilise toutes les techniques du Uechi Ryu et fait face sur 360 degrés. La maîtrise de ce kata montre combien le pratiquant est arrivé à un très haut niveau, afin qu’il puisse résoudre seul, la situation difficile d’être encerclé par plusieurs ennemis.
