Karaté divers styles Goju Ryu origines & Kata

goju ryu

Origines

Le Goju Ryude Go, « force », Ju, « souplesse » e Ryu, « école »
Ce style est, avec le Shorin Ryu et le Uechi Ryu, un des trois styles majeurs de cet art martial Okinawaïen. Il a été initié par le maître Kanryo Higashionna (ou Higaonna, 1853-1915).

Le Go Ju est issu de concepts du combat tirés : du Naha Te, une des pratiques du To De (Naha Te est l’appellation du style propre à la ville de Naha, Okinawa), par opposition au Shuri Te, style de la ville voisine de Shuri. To De signifie en Okinawaïen : « la main de Chine » (la ville de Shuri, ancienne ville royale, comportant toujours le château de Shuri, est devenue un quartier de l’actuelle Naha). Le Shuri-te est devenu Shorin Ryu (prononciation Okinawaïenne de Shaolin), en référence à ses origines ; et du Kempo  Chinois (que Kanryo Higashionna étudia en Chine 15 ans avec le maître Waishinzan). Une pratique connue aussi au Japon sous le nom de Ryuko Ryu.
Ce fut néanmoins Chojun Miyagi qui donna au style ses lettres de noblesse et en trouva le nom.

Les premiers pas Higashionna

En 1877, Kanryo Higashionna a 24 ans. Ce fils d’un marchand de bois de chauffage, passionné d’arts martiaux, s’embarque pour Fuzhou dans la province de Fujian, en Chine. Il passe plusieurs années là-bas, consacrant le plus clair de son temps à étudier avec plusieurs professeurs d’arts martiaux chinois.
Un de ses premiers professeurs fut Ryoto, un professeur de Kempo qui l’introduira auprès du maître de cet art, Liu Liu Ko (parfois appelé aussi par sa prononciation japonaise Ryu Ryuko, ce qui pourrait être en fait un surnom plutôt qu’un nom). On sait peu de chose sur Liu Liu Ko, sinon qu’il était cordonnier et que Higashionna le citait comme quelqu’un d’extrêmement fort. Ce maître enseignait une forme de boxe chinoise appelée le « style de la grue blanche ».

En 1885, Kanryo Higashionna retourne à Okinawa et reprend l’affaire familiale. Il commence aussi à enseigner les arts martiaux à Naha et dans les alentours. Il se distinguait dans son style par l’intégration à la fois de techniques Go Ju (dur) et jJu No (souple) dans un système unique. Il devint tellement incontournable que le nom Naha-te finit par être assimilé à son enseignement.
Higashionna (ou Higaonna) était connu pour son puissant kata Sanchin (voir les Kata du Goju Ryu. Les étudiants racontaient que le sol en bois devenait chaud par l’ancrage de ses pieds.

À sa mort, il laissera quelques rares disciples mais on compte parmi ceux-ci quelques-uns des maîtres les plus influents du karaté : Chojun Miyagi, Kyoda Shigehatsu, Koki Shiroma et Higa Seiko.

L’arrivée du Go Ju Ryu et du Karaté au Japon

Chojun Miyagi est assurément le maître qui a jeté au Japon les bases du Go Ju Ryu et du Karaté en général.
Il ouvrit son premier dojo nommé Okinawa Karate Jutsu Kenkyukai. Son style se différenciait de celui de son maître par l’introduction de techniques respiratoires issues du Ch’an chinois (ce concept a été développé au Japon sous le nom bouddhique de Zen).
La première démonstration publique de Goju Ryu se déroula peu de temps avant, en 1924 lors de la visite de Jigorō Kano (fondateur du judo) à Okinawa. Maître Kano est séduit par la pratique de Chojun Miyagi et fera plusieurs visites sur l’île d’Okinawa.
Chojun Miyagi se mit alors à vouloir implanter le Naha-te ou To De, « la main de Naha » (puisque le nom de Goju Ryu n’apparut que plus tard) au Japon et à le faire reconnaître comme étant une discipline Budo au même titre que le  Judo ou le Kendo. Il rejoignait alors le projet que Gichin Funakoshi caressait depuis 1922 sans trop de réussite.

En 1928, Chojun Miyagi se rendit donc à Kyoto pour y étudier la possibilité d’étendre le karaté en région centrale du Japon. Il y effectua de nombreuses démonstrations, notamment dans les universités. Mais devant l’accueil très réservé du public, il comprit que la démarche de Gichin Funakoshi et la sienne ne serait pas fort aisée, vu le caractère hermétique de la culture martiale japonaise. La reconnaissance du Karate comme étant une discipline bushido ne dépendait, en fait, de l’acceptation du Dai Nippon Butoku Kai, organisme d’État japonais créé dans le but de contrôler tous les arts martiaux du pays. Le gouvernement militariste japonais avait réuni à l’époque dans cet organisme tous les plus grands maîtres des différentes disciplines du pays. Il attendait d’eux la formation des pratiquants au seul esprit bushido, et à cet esprit seulement.

En 1929, le Dai Nippon Butoku Kai organisa une grande démonstration d’arts martiaux afin de célébrer l’avènement de l’empereur Showa. Miyagi chargea un de ses meilleurs élèves, Jinan Shinzato, de le remplacer. Lors de cet événement, les maîtres japonais, très intéressés, avaient demandé à Shinzato comment se nommait son école. Ce dernier répondit : Anko Ryu, ce qui signifie « l’école semi dure ». Lorsqu’il retourna à Okinawa, il raconta cette histoire à Chojun Miyagi qui, fort amusé, décida d’appeler son style le Goju Ryu : « l’école », Ryu, du « dur », go et du « souple », Ju .

L’essor

Chojun Miyagi fut sans conteste le maître qui réussit à convaincre les autorités japonaises d’adopter le karaté parmi les arts martiaux reconnus du Budo.
Il se présenta en 1935 à l’examen officiel de maître bushido devant ces mêmes autorités du Dai Nippon Butokukai. C’était la première fois qu’un maître de karaté faisait cette démarche. Il obtint le titre de Kyoshi, le plus haut titre qui sera jamais donné à l’époque à un maître de karaté. Il parvenait de la sorte à concrétiser un projet que Gichin Funakoshi caressait sans trop de résultat depuis des années : faire reconnaître le karaté comme art martial à part entière par le Japon et le faire adopter dans la pratique d’entraînement des guerriers du Budo.
Tout était prêt pour l’arrivée du maître Goju Ryu qui allait faire prendre à ce style un essor incroyable : Gogen Yamaguchi.
Yamaguchi est l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire du Karaté. Ses mouvements rapides et gracieux mais aussi sa position de combat préférée, Neko Ashi Dachi lui valurent le surnom de « chat » (Neko).
Les contributions de maître Yamaguchi au système Goju et au Karate en général sont considérables. Sous sa direction, l’International Karate-Do Goju-Kai Association (IKGA) a vu le jour. Yamaguchi a, de même, introduit les katas Taikyoku au système Goju afin de préparer ses nouveaux étudiants à aborder des katas plus avancés. Il a également combiné karaté et pratiques spirituelles en incorporant le Yoga et le shinto dans le Goju Ryu. Maître Gogen Yamaguchi, 10e dan, peut être considéré comme étant une véritable légende du Karate. En tant qu’héritage, nous avons différentes écoles de Goju Ryu d’Okinawa, à savoir le Shoreikan, Jundokan, Shodokan, Meibukan ainsi que l’International Okinawan Goju-Ryu Karate-do Fédération (IOGKF, dirigée par Sensei Tetsuji Nakamura depuis la scission IOGKF/TOGKF) et la Fédération de Goju Ryu Karate-do traditionnel d’Okinawa (TOGKF, dirigée par Sensei Morio Higaonna, 10ème dan appelé le « Lion d’Okinawa », depuis son départ de l’IOGKF), descendantes directes de la lignée de Chojun Miyagi, entre autres et, sur l’île principale du Japon, le Goju Kai et Seigokan. 

Les grandes caractéristiques

Le Goju est donc un style de Karate assez traditionnel qui marie des techniques issues de différentes écoles chinoises (Kenpo mais aussi Baguazhang (Pakua Chan) et « grue blanche »), ainsi que les bases ancestrales d’Okinawa. Caractérisé par des positions naturelles, il comprend des modes de frappes et des déplacements souvent circulaires, visant les points vitaux, le tout assorti de nombreuses techniques de projection et de luxation. Le Goju Ryu abonde d’exercices influencés par les méthodes du sud de la Chine : mêmes concepts techniques, même importance donnée au travail de l’énergie interne. Les postures sont stables et puissantes (Sanchin Dachi est la plus caractéristique du style), les coups de pied bas uniquement (essentiellement Mae Geri et Kansetsu Geri), la respiration ventrale sonore, les déplacements courts et en demi-cercle. Les exercices respiratoires et le travail sur l’énergie interne sont issus des traditions bouddhiques du Karate et du Yoga. Le Goju Ryu peut constituer à ce titre un remarquable travail sur soi, alliant exercice physique, et relaxation.

Gogen Yamaguchi

Certains lecteurs ont peut-être vu un film sorti il y a quelques années (1976), intitulé « La Voie du Sabre ». Ce n’était qu’un court métrage, un long métrage de soutien, mais il traitait du Budo traditionnel japonais. Différents arts martiaux étaient présentés, tels que l’aïkido, le kendo et le kusarigama, mais le passage le plus intriguant était celui consacré au karaté, car il mettait en scène Gogen Yamaguchi, directeur de l’Association japonaise de karaté Goju Kaï(Goju).
Gogen Yamaguchi était assis devant une boule de cristal. Il exécutait divers Mudras (mouvements mystiques des mains) en direction de la boule, tout en pratiquant des exercices de respiration spécifiques. Il frappait sur un tambour pour invoquer les esprits. Selon la narration, Yamaguchi utilise la boule de cristal pour communiquer avec les esprits des combattants passés et futurs. Ils lui confieraient leurs secrets. Yamaguchi a également été montré en train d’exécuter le Tensho kata, une forme lente et respiratoire du style Goju  je ne connaissais pas ce style à l’époque, et je trouvais la méthode respiratoire forcée et artificielle –, puis deux jeunes instructeurs du Goju Kaï ont fait une démonstration de combat libre. Le combat semblait réussi, rapide, continu et d’une puissance staccato vive. En fait, c’était agréable à regarder passionnant et varié. Les combats se déroulaient à une distance un peu plus rapprochée que, par exemple, en JKA ou en Wado Ryu, et les deux karatékas s’en tenaient à des attaques de base rapides et puissantes, à mains nues et à pieds. Les blocages étaient précis et exécutés main ouverte. Ces deux-là s’étaient sans doute déjà affrontés à maintes reprises, et ce n’était qu’une démonstration, mais tout de même assez impressionnante

Difficile de savoir quoi penser de cet aperçu de Maître Yamaguchi, mais il avait du charisme. Il porte toujours la tenue traditionnelle japonaise. Et, bien qu’il porte les cheveux longs, cela ne lui donne pas un air moderne, mais plutôt celui d’un Yamabushi (guerrier des montagnes) d’autrefois, transporté de façon incongrue dans la banlieue de Tokyo. Je savais qu’il était une sorte de maître de karaté semi-légendaire, pratiquant de yoga et prêtre shintoïste. J’avais entendu dire qu’il était généreux et serviable.

Petjoer Urban, dans son livre Karate Do, raconte comment Yamaguchi avait tué un tigre à mains nues (l’étranglant à mort), mais cela me semblait difficile à accepter. En somme, je ne savais pas grand-chose de ce maître de karaté en particulier, et j’ai donc été heureux d’obtenir, quelque temps plus tard, un exemplaire du livre autobiographique de Gogen Yamaguchi, Karate : Goju Ryu by the Cat. « Le Chat » est le surnom de Yamaguchi. Plusieurs raisons expliquent ce surnom, comme sa longue chevelure, qui ressemble à une crinière de lion, ses mouvements qui évoquent ceux d’un chat, ou encore son utilisation de la posture du chat en combat. Yamaguchi lui-même l’expliqua à Rolland Gaillac, journaliste du magazine français « Karaté » (édition d’avril n1977),

Karaté » (édition d’avril 1977), en ces termes : « Aujourd’hui encore, jeune homme, si vous deviez m’affronter en combat, je serais capable de déterminer en une seconde la force de votre Ki. Je saurais immédiatement si vous êtes un bon adversaire. C’est cette qualité, et aucune autre, qui m’a valu le surnom de « Le Chat ».Dans Karate Goju Ryu par le « Chat »  Yamaguchi raconte sa vie. Il semble avoir été à la fois expert en karaté, homme d’action et mystique. À la fin des années 1930 et au début des années 1940, il avait été administrateur du gouvernement en Mandchourie. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut prisonnier de guerre dans un camp de travail russe. À son retour, il était profondément bouleversé par l’état du Japon d’après-guerre, et ce n’est qu’après une « révélation divine » que sa vie prit un nouveau tournant.

L’autobiographie de Yamaguchi étant peu accessible au grand public, j’ai tenté de retracer son histoire, et ce qui suit s’inspire largement des informations contenues dans son livre.
 1909 est l’année de naissance de Gogen Yamaguchi, à Kyushu, au Japon. Il était l’un des dix enfants. Il écrit que son père vendait divers articles et ouvrit plus tard une école privée ; il semble donc qu’il n’y ait pas eu de tradition récente d’arts martiaux dans la famille. Cependant, dès son plus jeune âge, Yamaguchi fut fasciné par le judo, le kendo et les autres arts martiaux.
 En deuxième année d’école primaire, il commença à apprendre le Jigen Ryu Kenjutsu (une célèbre école d’escrime japonaise). Plus tard, il rencontra M. Maruta, un charpentier d’Okinawa, qui lui enseigna les bases du karaté. Le jeune Yamaguchi pratiquait l’escrime le jour et le karaté le soir. Son seul intérêt était de devenir de plus en plus fort, et il était ravi des résultats de son entraînement : « J’ai constaté que ma condition physique avait complètement changé après quelques années de karaté. Mes jambes et mes reins étaient devenus plus forts, et mes muscles et mes os se sont considérablement développés. Surtout, j’étais prêt à défendre et à contre-attaquer à tout moment. »

Après ses études, il entra à l’université Ritsumeikan de Kyoto, qui, dans les années 1920 et 1930, était plus ou moins une école de formation pour les administrateurs des « territoires conquis » du Japon. De toute évidence, Yamaguchi avait déjà été renvoyé de l’université du Kansai pour « brutalité ».
 À Kyoto, il commença à enseigner le karaté pendant son temps libre et, plus tard, en 1930, à l’âge de 21 ans, il ouvrit un club de karaté à l’université Ritsumeikan. À en juger par son livre, Yamaguchi semblait être constamment en proie aux ennuis à cette époque. Lui et son groupe de karaté eurent plusieurs affrontements physiques avec d’autres pratiquants d’arts martiaux et des bandes de durs à cuire. Lorsque des groupes « gauchistes » commencèrent à semer le trouble à l’université, Yamaguchi et ses amis les chassèrent du campus. « J’étais brutal et irréfléchi », se souvient-il de cette époque.

En 1928, Chojun Miyagi s’était rendu au Japon pour enseigner son style de karaté, le style Goju. (Il avait enseigné au club de judo de l’université de Kyoto.) Il revint enseigner au Japon à d’autres occasions et, en 1931, Gogen Yamaguchi lui fut présenté. Dans son autobiographie, Yamaguchi fait dire à Chojun Miyagi : « Monsieur Yamaguchi, vous êtes parfaitement qualifié pour succéder à l’école de karaté Goju. Je n’ai plus rien à vous apprendre. » Ainsi, nous sommes portés à croire que Yamaguchi fut désigné comme le successeur de Miyagi au sein de l’école Goju Ryu.
 Que Miyagi ait jamais tenu ces propos est difficile à prouver ou à réfuter. Cependant, entendre Yamaguchi comme le successeur de Chojun Miyagi au Japon irrite certains membres de l’école Goju d’Okinawa, car Miyagi ne séjournait jamais au Japon plus de deux ou trois mois. La majeure partie de son enseignement se déroulait dans son Okinawa natale. De ce fait, on peut douter que Yamaguchi ait jamais appris l’intégralité du système Goju auprès de Miyagi ; et il se pourrait bien, comme certains le prétendent, qu’il ait appris plus tard l’intégralité des katas Goju auprès d’élèves de Miyagi tels que Meitoku Yagi.

Lorsque Yamaguchi commença à enseigner le karaté, son entraînement était considéré comme assez sauvage. Certaines écoles le considéraient comme du « combat de rue », et selon son fils, Gosei Yamaguchi, il (Gogen) aurait plus ou moins « inventé sa propre méthode d’entraînement » (voir notes). Gogen Yamaguchi revendique également l’invention du combat libre en karaté, ce qui pourrait y être pour quelque chose. Les maîtres de karaté chevronnés de l’époque mettaient l’accent sur l’entraînement aux katas et n’étaient pas très enthousiastes à l’égard du kumite libre. Quoi qu’il en soit, quelles que soient ses premières méthodes, il est indéniable que le développement du Goju au Japon est l’œuvre de cet homme, Gogen Yamaguchi.

Lorsque Yamaguchi prit conscience de sa position de doyen des élèves japonais du Goju-ryu, il commença à prendre cette responsabilité au sérieux. Dès qu’il le pouvait, il se rendait au mont Kuruma pour un entraînement austère. Il fit la connaissance d’un groupe de shintoïstes engagés dans un entraînement spirituel et put apprendre plusieurs choses d’eux. Il commença à jeûner. Il s’asseyait en méditation toute la nuit et se tenait sous une cascade en position sanchin pour tenter d’unifier son corps et son esprit. « J’ai été surpris d’apprendre », écrit-il, « que cet entraînement ascétique avait grandement influencé mon karaté. Je découvrais que je pouvais bouger sans réfléchir, de manière naturelle et mystérieuse pendant ma pratique. De plus, j’acquérais une perception et pouvais rapidement voir les choses avant qu’elles ne se produisent. Je pouvais anticiper ce qui allait se passer. »

Les années 1930 furent une période inquiétante pour le monde entier. À l’Est, le Japon suivait une voie expansionniste qui allait mener à Pearl Harbor et à la Seconde Guerre mondiale. En 1931, l’incident de Mandchourie se produisit. Suite à cela, le Japon s’empara de la Mandchourie et fonda en 1932 la République du Mandchou-kuo, en réalité un État esclavagiste du Japon. Concernant l’incident de Mandchourie, Yamaguchi se contente d’écrire que les troupes du Kanto (Kwantung) détruisirent les troupes antijaponaises dirigées par le général Cho Gaku Ryo.  En réalité, l’incident de Mandchourie se produisit lorsque les troupes japonaises de l’armée du Kwantung simulèrent une attaque contre elles-mêmes et utilisèrent ce prétexte pour s’emparer de la Mandchourie. Ce plan était l’œuvre du colonel Kanji Ishihara (1889-1949), un « génie militaire » qui passa deux ans à planifier la stratégie dans ses moindres détails.

Ishihara, adepte de la secte bouddhiste Nichiren, était un idéaliste qui prévoyait une unification harmonieuse de l’Asie (Japon, Mandchourie et Chine), sous la direction spirituelle du Japon. Son idée était de faire de la Mandchourie un « paradis ». Gogen Yamaguchi était un ami et un fervent partisan du général Ishihara et partageait ses idéaux. Nous voulions faire de la Mandchourie une terre céleste, où Japonais, Chinois, Mongols et Coréens pourraient vivre ensemble en paix et prospérité. Cette idée fut lancée par le général Kanji Ishihara. Il était mon ami depuis mes débuts et j’ai soutenu son point de vue avec environ 200 disciples. Finalement, les vues d’Ishihara furent ignorées. La Mandchourie fut opprimée et exploitée sans pitié. Pour la population autochtone, le Mandchoukouo était tout sauf une terre céleste.

En 1938, Gogen Yamaguchi fut chargé par le général Ishihara de se rendre en Mandchourie pour occuper des fonctions gouvernementales. Patriote (avec un grand P), il s’y rendit et y servit jusqu’en 1945. Dans son livre, Yamaguchi ne précise pas précisément en quoi consistaient ses fonctions, mais il apparaît comme un mélange d’administrateur, de médiateur, de maître-espion et d’agent secret. Tout au long de son séjour en Mandchourie, il continua de s’entraîner au karaté, ce qui ne fut pas une mauvaise chose, car cela le sortit de situations difficiles à plusieurs reprises.  Un jour, il patrouillait seul autour du pont sur la rivière Nonjan. Ce pont, d’une importance stratégique capitale, était une cible de choix pour les « espions communistes ». Yamaguchi se déguisait donc en Mandchou et guettait les individus suspects. Un soir, il croisa deux hommes au comportement étrange et, lorsqu’il commença à les interroger, ils durent décider de le faire sortir de là. L’un des hommes tenta de saisir une arme, mais Yamaguchi la lui arracha d’un coup de pied et le laissa tomber d’un coup de poing. L’autre sortit un couteau, mais d’un Shuto (coup de sabre), Yamaguchi le désarma. Une autre fois, trois guérilleros tentèrent de le capturer, mais il les mit tous à terre et les fit prisonniers. Ces échauffourées étaient monnaie courante pour Gogen Yamaguchi, mais à deux reprises en Mandchourie (dit-il), il fut contraint de se donner à fond.

La première fois, il se battit avec un certain Ryu Kaku Rei (prononcé japonais), un maître de boxe chinoise. Yamaguchi avait entendu parler de Ryu Kaku Rei par l’un de ses agents et, par curiosité, alla le voir. Mais il ne s’attendait probablement pas à grand-chose. En 1940, Yamaguchi avait dirigé un groupe d’artistes martiaux, baptisé « Mission des arts martiaux d’Asie de l’Est », qui donnait des démonstrations au Japon. Parmi le groupe figuraient des experts en boxe chinoise, mais ils ne l’impressionnèrent pas. Lorsqu’il les emmena à l’université Ritsumeikan pour assister à l’entraînement de karaté, il leur suggéra de se joindre à eux, mais ils ne voulurent rien y faire. Quoi qu’il en soit, Yamaguchi se présenta à Ryu, et les deux hommes acceptèrent cordialement un combat. Ryu Kaku Rei avait développé son propre style de Chouan, le « Style du Dragon ». Il avait environ 67 ans (comparé à Yamaguchi qui devait avoir une trentaine d’années) et paraissait maigre et chétif. Mais Yamaguchi découvrit que Ryu était capable de se battre, car il (Yamaguchi) n’obtint qu’un match nul. Le récit de Yamaguchi est quelque peu mélodramatique – il parle de match nul car le combat se termine par un double knockdown – mais visiblement, le plus âgé l’impressionna et le poussa dans ses retranchements.

En mai 1945, peu avant la fin de la guerre, des rapports arrivèrent annonçant une attaque de grande ampleur planifiée par les communistes contre la ville où Yamaguchi était posté. Le commandement japonais ignora ces informations, mais Yamaguchi attendait avec nervosité. Finalement, « un millier de bandits communistes » lancèrent leur attaque, et une bataille rangée s’ensuivit.

« J’ai regardé M. Suzuki. ‘Eh bien, c’est encore incertain’, ai-je dit. Juste à ce moment-là, nous avons entendu des coups de feu et des cris de guerre près de la porte du château : ‘Les voilà ! Faites monter tout le monde. Je défendrai ici en bas.» Mes hommes obéirent à mes ordres. Je pris deux revolvers et me cachai en bas. J’entendis des cris partout, tandis que de nombreux bandits envahissaient la ville et attaquaient en force, tuant de nombreux habitants. Les citoyens couraient et les balles sifflaient de toutes parts, plongeant la ville dans une confusion totale.

Des bandits à cheval s’arrêtèrent devant notre bureau. Je me mis à couvert et tirai des coups de feu par la fenêtre, jusqu’à ce que mes deux armes soient vides. Vingt bandits armés de fusils et de sabres chinois se précipitèrent sur nous. Cinq ou six bandits défoncèrent la porte à coups de crosse et se précipitèrent dans la pièce. Mes armes vides, je recourus au karaté de l’école Goju pour me défendre. Je m’adaptai à ma respiration et me préparai au combat.

La pièce était sombre et les bandits ne pouvaient pas utiliser leurs armes librement sans risquer de se blesser mutuellement. Je m’étais entraîné à voir dans cette lumière et savais que je serais capable de résister à l’assaut de quatre ou cinq personnes à la fois. Dans une telle situation, je devais éliminer les ennemis, un par un. J’évitai le premier bandit qui tenta de me frapper avec son arme et, me tournant brusquement vers la droite, je le frappai entre les cuisses d’un coup de pied circulaire. Il poussa un cri et tomba au sol. Un autre tira sur moi par derrière, mais il manqua sa cible. Mon coude heurta violemment son ventre. Une épée chinoise ensanglantée me frappa tandis que je frappais du poing droit l’homme qui la brandissait. Le combat était confus, mais l’étroitesse de la pièce était à mon avantage. Ils se ruèrent sur moi au corps à corps, ce qui me facilita la tâche. Lorsqu’ils s’approchèrent, je les mis KO à coups de nukite (doigts), hijiate (coudes), shuto (main de l’épée) et seiken (poings). Contre les armes, j’utilisai tobi-geri (coups de pied sautés) et yoko-geri (coups de pied latéraux). Je pus me battre plus librement qu’à l’entraînement, car je ne me souciais pas du bien-être de mon adversaire.
« Certains bandits commencèrent à monter les escaliers, mais furent abattus par mes hommes qui protégeaient les femmes et les enfants. » J’attaquais les bandits, visant leurs yeux ou entre leurs cuisses, me déplaçant rapidement. Luttant avec acharnement, j’espérais pouvoir tenir jusqu’à l’arrivée des secours. Bientôt, des cris retentirent à la porte d’entrée et les bandits commencèrent à se disperser. On aurait dit qu’ils avaient reçu l’ordre de battre en retraite. Mes hommes descendirent les escaliers et me demandèrent si j’étais blessé. Heureusement, seul mon bras gauche avait été blessé par un coup de poignard. Je montai à l’étage pour mieux voir et vis les bandits se replier avec des armes volées, de la poudre et des provisions. Il était 7 heures du matin. Lorsque je découvris que les bandits étaient partis, je perdis soudain toute force et dus m’asseoir. J’ai combattu à leurs côtés, corps à corps, pendant quarante minutes.

« En 1945, même si la guerre entre la Russie et le Japon n’a pas duré trois semaines, un grand nombre de prisonniers de guerre japonais ont été enrôlés pour des projets de construction urgents en Sibérie et en Asie centrale. ».  À la fin de la guerre, les troupes russes sont entrées en Mandchourie. Des milliers de Japonais ont été faits prisonniers, dont Gogen Yamaguchi. Après avoir passé plusieurs mois dans un camp de prisonniers de guerre, il a été transféré dans un camp de travail en Mongolie où il a passé deux ans, et il n’y a aucun doute là-dessus : c’était terrible.
 
Soljenitsyne et d’autres nous ont tout raconté sur la vie dans les camps de travail russes, et le régime mentionné par Yamaguchi est familier : les appels interminables, les rations exorbitantes et la réduction des rations si les normes de travail n’étaient pas respectées, la « Prière de l’aube », etc. Des milliers de Japonais sont morts dans ces camps. 

En 1947, Gogen Yamaguchi était Libéré de captivité et rapatrié. Le 18 novembre 1947, il aperçut les côtes de son Japon bien-aimé et, en décembre, il était de retour à Tokyo. Profondément choqué par l’état du Japon d’après-guerre, il fut moins marqué par les destructions physiques que par ce qu’il considérait comme un déclin spirituel drastique. C’en était trop pour lui. Il rédigea donc son testament et, à minuit, le 12 janvier 1948, se rendit au sanctuaire de Togo à Harajuku. Car sa décision était prise : il allait commettre le harakiri (suicide rituel par éventration). Arrivé au sanctuaire, Yamaguchi s’assit près d’un étang paisible, sa dague posée devant lui, et prononça une prière. Il se plongea dans une profonde introspection, puis, comme un éclair, il vécut une « révélation divine » qui changea sa vie. « Avec le temps, j’ai perdu toute sensation et j’ai eu l’impression de marcher parmi les nuages, de flotter dans le ciel, sans existence propre. De telles sensations sont indescriptibles. Tous les soucis passés étaient oubliés et j’avais l’impression que mon âme flottait dans un monde de gloire et de paix. » Puis je me suis retrouvé allongé face contre terre. Je ne savais pas depuis combien de temps j’étais là. Reprenant mes esprits, je me suis rendu compte que tout semblait briller, comme si le monde entier vivait dans le bonheur. Je n’oublierai jamais l’état d’esprit dans lequel je me trouvais à ce moment-là. »

Lorsque Yamaguchi vécut cette expérience mystique, une prise de conscience se cristallisa dans son esprit : se suicider serait une perte de temps, et de plus, il avait des responsabilités envers sa famille et le Japon. Il comprit que sa mission était d’enseigner et de diffuser les arts martiaux, d’enseigner à la jeunesse japonaise (selon les mots d’un écrivain) « le goût du combat, ou tout simplement de la vie ». C’est ainsi qu’en 1948, il ouvrit son premier dojo et, en mai 1950, fonda le Goju Kaï de Karaté-do japonais. Cette révélation divine eut également pour effet de ramener Yamaguchi à la religion et au mysticisme  (je suppose que c’est également à cette époque qu’il commença à se laisser pousser les cheveux). Il rendit visite au révérend Tadaki Yoshimura, révérend en chef de la secte Shin-hu du shintoïsme, et devint rapidement lui-même maître du shintoïsme. Il étudia également le yoga auprès de Tengai Noda. « La plus haute autorité du Japon » sur l’art.

Au fil du temps, Yamaguchi a élaboré son propre système de « Goju Shinto », une combinaison de karaté de style Goju, de yoga et de shinto, avec une touche de zen. Il convient toutefois de noter qu’il s’agit d’une approche plus personnelle chez Gogen Yamaguchi, et que l’aspect yoga et shinto ne concerne pas la grande majorité des pratiquants de Goju Kai ; ils pratiquent leur karaté comme les autres karatékas. Comme nous l’avons mentionné au début de ce chapitre, Yamaguchi semble parfaitement versé dans les rituels et pratiques shinto et peut communiquer avec les esprits (kami). Il utilise la boule de cristal pour cela, ainsi que pour prédire les tremblements de terre et autres phénomènes similaires. Il connaît également les différents yogas (Hatha Yoga, Raja yoga et Kundalini yoga) et fonde sa compréhension du corps humain sur la physiologie du yoga et ses sept chakras (centres psychiques). Dans son livre, il décrit les « huit piliers du yoga » et consacre dix-huit pages à une démonstration (par un expert du yoga nommé Per Wynter) des asanas (postures) du yoga. Au total, le sujet du yoga occupe 35 pages de «  , il est donc évident que Yamaguchi lui accorde une importance majeure. Karate Goju Ryu par le Chat.

Pourquoi ? Tout d’abord, le yoga utilise des techniques de respiration, tout comme le karaté Goju. Ensuite, le yoga peut aider à atteindre l’équilibre mental, spirituel et physique. Yamaguchi l’a expliqué lors d’un entretien avec Steve Bellamy, de Fighting Arts International. « Si le corps, interne ou externe, est déséquilibré, il y a une limite à ce que l’on peut accomplir, et c’est là que le yoga peut aider. Il montre comment ajuster le corps à un état plus naturel et équilibré. Si nous utilisons le yoga pour établir de bonnes bases, il n’y a plus de limites à l’accomplissement physique et mental. »

Il poursuit plus loin : En suivant le régime du yoga, les cellules du corps se transforment et les sept points vitaux, appelés « chakras », s’éveillent. Une fois que l’on prend conscience de ces points vitaux, d’autres changements se produisent, menant finalement à l’état de « Bodhisattva », que l’on pourrait appeler la conscience ultime. J’ai essayé de contrôler mon diaphragme – qui est d’ailleurs le véritable centre de la force vitale – afin de retrouver un état naturel d’équilibre structurel, ce qui m’a donné la clé des véritables techniques de respiration, ouvrant mon esprit à l’inspiration cosmique. Lorsqu’il enseignait à son « Karate  Do Collège » (années 1970), Maître Yamaguchi suivait un cours de yoga hebdomadaire le lundi après-midi. Le cours comprenait des postures de yoga et de la méditation, et se terminait par un rituel semblable à celui-ci. (Description de James Genovese, karatéka américain ayant étudié à l’école. Voir « Official Karate », août 1978).

Les élèves formaient un demi-cercle autour de Yamaguchi et de sa femme, chacun face à l’autel du dojo. Toutes les lumières, sauf une, étaient éteintes. Tous s’inclinaient trois fois devant l’autel, puis Yamaguchi frappait trois fois dans ses mains pour réveiller les esprits. Il prononçait une incantation tout en saupoudrant les élèves de sel (le sel est purifiant), puis agitait une sorte de baguette (un bâton de bois avec des bandes de papier blanc en zigzag) au-dessus d’eux. Ensuite, tous les élèves s’inclinaient profondément pendant que M. et Mme Yamaguchi chantaient le Hanya Sutra. Un moment de silence s’ensuivit, puis soudain, Yamaguchi émit un long hurlement qui augmenta en intensité et en intensité, puis s’éteignit lentement. Ce « hurlement inquiétant » fut répété, suivi d’un moment de silence. Le cours prit fin.

Le Nippon Goju kai (Association japonaise de Goju) enseigne un style Goju traditionnel, mais présente certaines différences avec le Goju d’Okinawa. Il s’agit de différences d’accentuation plutôt que d’autres éléments : les mêmes katas sont utilisés, mais on observe parfois de légères variations dans les postures, par exemple. Le Goju kai est un style un peu plus léger et ne fait pas un usage intensif du chashi, du chishi et d’autres équipements de conditionnement physique. De plus, comme d’autres styles de karaté japonais, le Goju kai privilégie les coups de pied et privilégie le combat libre comme méthode d’entraînement. Comme nous l’avons mentionné précédemment, le combat libre est plus serré que dans d’autres styles japonais. Les instructeurs apprécient que les élèves utilisent les techniques de Goju, comme les blocages à mains ouvertes, et qu’ils maintiennent la fluidité des techniques. Une autre caractéristique est l’utilisation fréquente de coups de pied à l’aine, effectués avec le cou-de-pied et dirigés vers l’intérieur de la cuisse en combat. Au début des années 1970, Gogen Yamaguchi fonda son « Japan Karate-do Collège », situé dans la banlieue de Suginami, à Tokyo. (Son précédent dojo à Nippori fut détruit par un incendie). Il s’agit d’un bâtiment en béton armé de trois étages, construit par Yamaguchi à côté de sa maison. Le rez-de-chaussée abrite un dojo de karaté ; le premier étage, un centre de yoga-shinto ; et le deuxième étage, un dortoir d’une douzaine de lits. C’est le quartier général de Gogen Yamaguchi pour le Goju Kai, bien que des cours d’autres styles soient également dispensés, afin de donner aux étudiants du collège une formation complète en karaté. Gogen Yamaguchi n’enseigne plus (il a 73 ans au moment de la rédaction de cet article) ; l’enseignement est principalement assuré par son fils, Goshi  Yamaguchi a deux autres fils : Gosei, qui enseigne le Goju Kai à San Francisco depuis les années 60, et Gosen, qui s’entraîne occasionnellement au Karate-do College. Selon un article de Brian dans le magazine « Fighting Arts », le Goju kai a récemment commencé à mettre davantage l’accent sur le travail en tournoi. Les années précédentes, ils ne s’en souciaient pas outre mesure et, par conséquent, n’obtenaient pas beaucoup de succès en tournois ouverts.

Quelques mots sur la fille de Yamaguchi, Gokyoku (anciennement Wakako). Elle aussi enseigne au Karate-do College et est la meilleure kata de karaté du Japon. Elle préfère le Kihon et le kata, consciente que les femmes sont nettement désavantagées en Kumité – les hommes étant tout simplement plus forts physiquement. Mais Gokyoku Yamaguchi est une excellente technicienne et, de plus, elle est très belle, intelligente, charmante et très féminine. C’est une excellente calligraphe et elle a récemment épousé son professeur de calligraphie.

Morio Higaonna

Né le 25 décembre 1938 dans la ville de Naha sur l’île d’Okinawa au Japon, est un maître de Karate Goju Ryu mondialement renommé, détenteur du plus haut grade, celui de 10e Dan. Il fonde, en 1979 en Angleterre, la Fédération internationale d’Okinawa Goju Ryu Karate Do (IOGKF). Il en est le président du Comité International et l’instructeur en chef jusqu’en 2022. Il quitte alors l’IOGKF pour fonder la Fédération de Goju Ryu Karate Do traditionnel d’Okinawa. Higaonna Sensei a écrit plusieurs livres sur le Karate Goju Ryu d’Okinawa, notamment la série technique en 4 volumes « Traditional Karate Do: Okinawa Goju Ryu « (1985) et « The History of Karate: Okinawan Goju Ryu » (1re édition, 1996). Le spécialiste des arts martiaux Donn Draeger (1922-1982) l’aurait un jour décrit, dans le documentaire de la BBC « The Way of The Warrior », comme « l’homme le plus dangereux du Japon dans un vrai combat ».

Débuts

Morio Higaonna est né le 25 décembre 1938 à Naha, Okinawa. Il commence à étudier le Karate Shorin Ryu à l’âge de 14 ans avec son père, puis avec son ami Tsunetaka Shimabukuro. C’est Shimabukuro qui lui a recommandé d’apprendre le Karate Goju Ryu, l’introduisant au Dojo de Chojun Miyagi en 1954, un an après le décès du fondateur[8]. À l’époque, Eiichi Miyazato était le chef du Dojo, mais Morio Higaonna a étudié avec An’ichi Miyagi, que Morio Higaonna reconnaît comme son premier et principal instructeur. Lorsque Miyazato ouvrit le nouveau Dojo Jundokan en 1957, Morio Higaonna suivit An’ichi Miyagi et commença à s’y entraîner. Cette même année, il obtint sa ceinture noire.

En 1960, il s’installe à Tokyo pour étudier à l’université Takushoku. Le 30 décembre de la même année, il est promu au rang de 3e dan lors de la première passation de grades tous styles du Okinawa Karate Do Renmei. Il est invité à enseigner au Dojo Yoyogi de Tokyo où il attire un large public. Il obtient le rang de 5e Dan en avril 1966. En janvier 1967, il reçoit son Menkyo Kaiden, le plus haut niveau du système Menkyo du Japon, indiquant qu’un étudiant maîtrise tous les aspects de sa formation.

Promouvoir le Goju Ryu à travers le monde

En avril 1967, Morio Higaonna Sensei a assumé le poste de Shihan (professeur) de Karate au Collège des sciences humaines et de l’éducation de l’Université Nihon.

En mai 1968, il accepta une invitation du YMCA et se rendit à Spokane aux États-Unis pour y faire une série de démonstrations et de conférences sur le thème du Karate. Le voyage fut un succès et il reçut un prix du maire de Spokane pour ses efforts salués pour promouvoir le Karate aux États-Unis.

Le 10 octobre 1970, Moro Higaonna fut invité à représenter le Goju Ryu Karate Do d’Okinawa lors d’une démonstration spéciale, lors du premier tournoi mondial de Karate organisé par la World Union Karate Organization (WUKO). Cet événement eut lieu au Tokyo Budokan au Japon. Il reçut une lettre spéciale d’appréciation de la WUKO pour sa démonstration. Il fut une fois de plus invité à faire une démonstration au troisième tournoi mondial de Karate organisé par la WUKO en 1972. Une fois de plus, il reçut une lettre spéciale d’appréciation de la part des organisateurs.

En mai 1975, Higaonna Sensei accepta une invitation de l’Association Française de Karate pour diriger une tournée d’enseignement en France pour les jeunes pratiquants ainsi que pour les pratiquants Yudansha (ceintures noires). En 1977, il fut à nouveau invité à enseigner en France par l’Association Française de Karate.

En juillet 1979, il fonde la Fédération internationale d’Okinawa Goju Ryu Karate Do (IOGKF) à Poole, en Angleterre. Il était alors 7e Dan, grâce à Eiichi Miyazato. Morio Higaonna lui-même a demandé et obtenu la permission de la famille Miyagi (Chojun) pour l’utilisation du blason de la famille Miyagi dans le logo de l’IOGKF.

En 1980, il a épousé Alanna Stevens et leur fils Seigi Eric est né en novembre 1981. La famille a vécu à Okinawa de mai 1981 à mai 1985, puis à Tokyo de 1985 à 1987.

En 1980, le gouvernement japonais a invité Higaonna Sensei à faire une démonstration spéciale lors de la cérémonie officielle de réception organisée en l’honneur de la visite d’État du président du Mexique au Japon. La démonstration a eu lieu à Akasaka à Tokyo.

En juillet 1981, l’IOGKF a organisé son premier Budosai mondial et son premier tournoi au Budokan de la ville de Naha, à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la ville de Naha. (Le gouvernement moderne de la ville a été fondé le 20 mai 1921, bien que Naha en tant que ville portuaire existe depuis l’époque médiévale.).

En 1982, Higaonna Sensei a fondé son propre Dojo dans sa propre maison à Naha, Okinawa. Son Dojo était et est toujours connu sous le nom de « Higaonna Dojo ». Au cours des décennies suivantes, ce Dojo est devenu le port d’escale de nombreux membres seniors de la ceinture noire du TOGKF et d’autres écoles et styles cherchant à s’entraîner selon la méthode traditionnelle d’Okinawa. Lorsque la BBC (British Broadcasting Corporation) a diffusé le documentaire « La voie du guerrier » en 1983, l’épisode consacré au Karate mettait en vedette Okinawan Goju Ryu et se concentrait sur Higaonna Sensei, ses méthodes d’entraînement et ses concepts de Karate. Le programme a été largement regardé et très bien reçu.

En 1983, il commença à nouer des contacts avec des pratiquants d’arts martiaux dans la province chinoise du Fukien/Fujian. Il s’agissait d’approfondir ses recherches sur l’histoire et les origines du Naha Te et du Goju Ryu à Fuzhou. Cela aboutit au premier séminaire et démonstration de Karate d’Okinawa jamais organisé à Fuzhou, en 1988, et ouvrit la voie à de nombreux échanges futurs entre Okinawa et Fuzhou au cours des décennies suivantes.

Le 29 mai 1984, il a reçu ses promotions de 8e et 9e dan de Yuchoku Higa. Higa agissant en sa qualité de président de l’Association de Karate et de Kobudo d’Okinawa, c’est l’une des nombreuses organisations faîtières d’Okinawa sous lesquelles la plupart des organisations et écoles de Karate d’Okinawa sont finalement devenues membres. Les quatre organisations faîtières ont ensuite fusionné en 2008 pour former l’Okinawa Dentou Karate Shinkoukai. La TOGKF est un membre éminent de cette plus grande organisation.).

En septembre 1987, il a créé le IOGKF Honbu Dojo à San Marcos, Californie, États-Unis. Au cours des prochaines décennies, l’IOGKF continuera à maintenir une forte présence en Amérique du Nord.

En septembre 1987, il a déménagé avec sa famille dans le sud de la Californie pour établir un nouveau Dojo. Avec San Marcos comme base, il a commencé à organiser des festivals de Budo tout en continuant à faire des recherches, à pratiquer et à voyager dans le monde entier pour enseigner, comme dans l’ancienne Union soviétique. En 2004, il était membre du Comité de l’encyclopédie du Karate Do et du kobudo d’Okinawa.

En octobre 1989, sous la direction de Higaonna Sensei, l’IOGKF a organisé un tournoi international de Karate Do à San Diego, Californie, États-Unis. An’ichi Miyagi Sensei a présidé le tournoi en tant qu’invité d’honneur.

Le 8 juin 1990, il a été invité à diriger une démonstration de Budo à New York, au siège de l’ONU.

Le 24 août 1990, il a fait une démonstration de niveau maître lors du premier festival mondial de Karate et de Kobudo d’Okinawa. Cet événement était organisé par l’Association de Karate et de Kobudo d’Okinawa. Au cours des décennies suivantes, il a continué à soutenir cet événement en organisant des séminaires ou des sessions de gasshuku pour le compte des organisateurs pendant le festival.

Le 18 octobre 1991, l’IOGKF a organisé un séminaire technique de Karate Goju Ryu et un tournoi All America dans l’Arkansas aux États-Unis, avec Morio Higaonna Sensei présidant l’événement en tant qu’instructeur en chef et conférencier. Morio Higaonna Sensei a reçu une mention élogieuse du gouverneur de l’Arkansas, M. Bill Clinton (plus tard président des États-Unis d’Amérique). Le lendemain, le maire de Fort Smith, Arkansas, a désigné le 18 octobre (le jour où le séminaire de l’IOGKF a eu lieu) comme « Journée Morio Higaonna » et a fait de Morio Higaonna Sensei un citoyen d’honneur de la ville de Fort Smith.

En février 1992, le gouverneur de l’État du Texas lui a décerné le titre honorifique d’amiral de la marine du Texas en reconnaissance de ses réalisations dans la promotion du Karate dans l’État du Texas, aux États-Unis. Le 2 juin 1992, des représentants du bureau du vice-président des États-Unis et de l’État du Texas ont conjointement décerné à Morio Higaonna Sensei le titre d’amiral de la marine du Texas.

En 1995, il est devenu l’instructeur de Karate et de combat à mains nues de la garde du Kremlin, des forces de Police et des forces de Police secrètes de la fédération de Russie.

En 1998, le prestigieux et faisant autorité Nihon Kobudo Kyokai a reconnu le Goju Ryu d’Okinawa comme une forme de Kobudo japonais et a nommé Morio Higaonna Sensei comme maître-représentant du système Goju Ryu et l’IOGKF comme organisation représentative au sein de son association.

En juillet 1999, l’IOGKF a organisé un Gassuku européen extrêmement réussi à Hambourg, en Allemagne. À la fin du Gassuku, le maire de Hambourg a remis à Morio Higaonna Sensei une lettre de remerciement au nom de la ville de Hambourg.

En février 2000, le président du Nihon Kobudo Kyokai et du Nihon Budokan, ancien ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie du Japon, M. Masajuro Shiokawa, a décerné à Morio Higaonna Sensei une prestigieuse distinction pour ses efforts dans la préservation et la promotion du GojuRyu Karatedo d’Okinawa.

Le 31 mars 2001, le président vénézuélien a décerné à Morio Higaonna Sensei l’Ordre de Vicente Emilio Sojo (prix culturel) pour ses réalisations dans l’introduction et le développement du Karate au Venezuela.

Le 10 février 2007, trois maîtres renommés du Karate, Morio Higaonna Sensei, Hirokazu Kanazawa Sensei et Hoshu Ikeda Sensei, ont organisé un séminaire et une démonstration de Karate largement acclamés au Tokyo Kudan Kaikan.

Le 22 juin 2007, le président de l’Association culturelle de la ville de Naha a décerné à Morio Higaonna Sensei une mention élogieuse pour son immense contribution à la préservation et au développement du Karate d’Okinawa.

En septembre 2007, il a reçu le 10e Dan (le rang le plus élevé du Karate) des mains de Miyagi An’ichi Sensei et Shuichi Aragaki Sensei.

En 2009, il a participé à une émission de CBBC intitulée Hai Karate Journey to Japan, où quatre enfants et l’un de leurs parents du Royaume-Uni se sont rendus au Japon pour apprendre le Karate et ont eu trois semaines pour obtenir leur première promotion, à la ceinture jaune.

Le 12 octobre, lors du Gasshuku Euro Asia en Moldavie, il a reçu une récompense spéciale du président de la Moldavie, Nicolae Timofti, pour ses nombreuses années de contribution à la diffusion du Karate traditionnel et de sa valeur pour le pays, ainsi qu’à la construction de l’amitié entre la Moldavie et le Japon. Il s’agit de la plus haute distinction que les étrangers peuvent recevoir dans le pays.

En juillet 2012, à Okinawa, afin de libérer du temps pour travailler à la reconnaissance du Karate par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel, Higaonna Sensei a pris la fonction de « Saiko Shihan ». Ce poste avait été laissé vacant quelques années plus tôt par le décès de son professeur, An’ichi Miyagi. Higaonna Sensei a nommé Sensei Tetsuji Nakamura au poste de Shuseki Shihan.

Le 8 mai 2013, le gouvernement d’Okinawa lui a décerné un prix et un titre le reconnaissant comme Trésor culturel immatériel d’Okinawa, en reconnaissance de ses nombreuses années de dévouement et de préservation du Karate Goju Ryu, qui était lui-même une part importante de la culture et de l’histoire d’Okinawa. Un titre comme celui-ci est le plus élevé qu’un individu puisse recevoir au Japon pour les arts martiaux, et il n’a été décerné qu’à une poignée de grands maîtres dans l’histoire moderne du Japon.

En décembre 2018, en reconnaissance de ses services au Karate traditionnel d’Okinawa Goju Ryu, Higaonna Sensei a reçu une invitation officielle au 30e anniversaire de l’empereur japonais de la part du Premier ministre du Japon, Abe Shinzo.

Le 24 février 2019, j’ai assisté à l’événement du 30e anniversaire de l’empereur japonais qui s’est tenu au Théâtre national du Japon.

En août 2022, après avoir exprimé son mécontentement quant à la direction que prenait la Fédération internationale de Karate d’Okinawa Goju Ryu, il a demandé à Tetsuji Nakamura de démissionner de son poste de Shuseki Shihan de l’IOGKF.

Le 24 septembre 2022, après des bouleversements politiques au sein de l’IOGKF, Higaonna a annoncé qu’il allait créer une nouvelle organisation appelée la Fédération de Goju Ryu Karate Do traditionnel d’Okinawa (TOGKF).

Bakkies Laubscher (9e dan, vice-instructeur en chef de la TOGKF et instructeur en chef de la TOGKF pour l’Afrique du sud, plus ancien élève d’Higaonna Sensei) Kazuo Terauchi (9e dan, vice-instructeur en chef de la TOGKF), Juichi Kokubo (7e dan), Masakazu Kuramoto (8e dan, instructeur du Honbu Dojo, Naha, Okinawa), Yonekazu Uehara (8e dan), George Andrews (8e dan, instructeur en chef de la TOGKF Angleterre), Yoshinori Yonesato (7e dan, secrétaire de la TOGKF, conseiller principal TOGKF Sri Lanka)), pour n’en citer que quelques-uns, ont suivi Higaonna Sensei dans sa nouvelle Fédération. Ils font partie de ses plus anciens élèves et sont largement reconnus comme faisant partie des meilleurs instructeurs de Goju Ryu au monde.

En février 2024, le prestigieux et faisant autorité Nihon Kobudo Kyokai, conformément à la nomination de Higaonna sensei comme maître-représentant du système Goju Ryu, est passé au TOGKF nouvellement créé par Higaonna Sensei comme organisation représentative au sein de son association. Morio Higaonna Sensei réside actuellement à Naha, Okinawa, où il travaille toujours pour que le Karate d’Okinawa soit reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel. À ce jour, il reste le seul Karateka d’Okinawa ou japonais à avoir été invité à faire une démonstration de Karate en direct devant l’empereur du Japon et sa famille. Il reste activement impliqué dans la diffusion du Goju Ryu d’Okinawa à tous et à chacun dans son Dojo TOGKF Honbu, à Tsuboya, Naha, Okinawa.

Kata

Le Goju Ryu est une forme du karaté. Il existe différents Kata développés par de nombreux maitres au cours des ans. Le style Goju Ryu comporte 5 Fukyu ( Ogura Senseï, et 12 Kata, dont 9 ont été ramenés en droite ligne de Chine par maître Kanryo Higaonna à la fin du XIXe siècle. Ils ont tous conservé leurs appellations d’origine en chinois du Fujian, bien que prononcé à la japonaise. Ces Kata sont : Sanchin, un Kata respiratoire de renforcement et de travail interne, ainsi que Saifa, Seiyunchin, Sepai, Shisochin, Seisan, Sanseiru, Kururunfa, Suparinpei, qui sont, eux, des Kata de combats. Plus tard, Maître Chojun Miyagi modifia, en fait, le Kata Sanchin, qui se pratique aujourd’hui poings fermés. Par ailleurs, Chojun Miyagi créa 3 autres Kata : Gekisai Daï Ichi et Gekisai Daï Ni qui sont des Kata pour les ceintures inférieures et le Kata Tensho, inspiré d’un autre Kata chinois (Rokkishu) qu’il avait vu lors d’un voyage dans ce pays et qui se travaille mains ouvertes, comme pour les Kakie (exercice de mains collantes). Tensho met l’accent sur la fluidité dans les techniques et est considéré comme le Kata complémentaire du Kata Sanchin. Les déplacements de ces deux Kata sont d’ailleurs quasi similaires. Les Kata du Goju Ryu ont fait ces dernières années (entre 1995 et 2005) le succès de nombreux compétiteurs lors des championnats du Monde de karaté WKF. Les noms des Kata offrent plusieurs possibilités de traduction. Ceux qui portent comme nom un chiffre ne posent aucun problème. Les diverses écoles du style Goju Ryu classent les Kata dans des ordres parfois différents et n’ont pas toutes les mêmes exigences liant tel kata à tel Dan.

Fukyu Shodan

Fukyu Nidan

Fukyu Sandan

Fukyu Yondan

Fukyu Godan

Gekisaï Ichi (Aller à l’attaque, frapper et détruire)

Le Kata Gekisai Dai Ichi fut créé par Chojun Miyagi en 1940 pour populariser le karaté. C’est un Kata pour les débutants que l’on enseigne dans la plupart des variantes Goju-Ryu. Il s’agit d’un Kata d’enseignement qui prépare les Kata anciens. Il est requis pour tous ceux qui désirent passer leur ceinture noire 1er Dan.

Gekisaï Ni (Aller à l’attaque, frapper et détruire)

Comme le Kata Gekisai Dai Ichi, le Kata Gekisai Dai Ni fut créé par Chojun Miyagi en 1940 également pour populariser le karaté et fournir un Kata aux débutants. C’est un Kata requis pour la ceinture verte. Il est requis pour tous ceux qui désirent passer leur ceinture noire 1er dan. Idem à Gekisaï Daï Ichi, il s’agit d’un Kata d’enseignement qui prépare les Kata anciens.

Saïfa (Déchirer et détruire)

Le Kata Saifa est d’origine chinoise. Il fut importé à Okinawa par Kanryo Higaonna. Il est requis pour la ceinture bleue et fait partie du programme du passage de grade du 1er Dan. Ce Kata est très intéressant par ses techniques peu communes telles que des Ira ken (frappes doigts plKripper l’adversaire par la tête ou les cheveux.

Seienshin (Contrôler et tirer)

Seienshin est un Kata chinois très ancien et ses origines proviennent probablement de la période où la Chine était sous la domination Qing. Il incarne le lien entre le Goju et le style « Grue blanche ». Tous les mouvements sont effectués avec les bras. Aucune technique de pied n’est présente, une particularité peu commune dans les Kata. Il est requis pour tous ceux qui désirent passer leur ceinture noire 1er dan.

Sanseïru (36 mains)

Le Kata Sanseïru contient des mouvements effectués dans quatre directions avec des techniques utilisées pour un combat proche. Il démarre comme Sanchin en Morote Uke mais avec rapidité dans l’exécution des Gyaku Tsuki. Il est aussi caractérisé par des Yoko Geri Fumikomi Gedan (coup de pied bas tranchants) Il est requis pour tous ceux qui désirent passer leur ceinture noire 2e Dan.

Sepaï (18 mains)

Ce Kata d’origine chinoise est considéré comme étant le Kata du Tigre. Il est aussi la suite de Seisan. Il possède nombre de mouvements de saisies pratiquées, entre autres, sur les bras.

Shisochin (Lutter dans 4 directions)

Le Kata Shisochin est d’origine chinoise, il fut enseigné à Kanryo Higaonna par les Ryuku Ryu. On dit que c’était le Kata favori de Chojun Miyagi. Il est caractérisé par beaucoup de coups de coudes réalisés mains ouvertes… ce qui leur donne plus d’amplitude. Ce Kata est demandé à partir du passage du 2e dan.

Seisan (13 mains)

Traditionnellement, le style Goju Ryu  dépend de plusieurs techniques qui comportent des saisies, pendant que l’on frappe l’adversaire aux points vulnérables de son corps. Le Kata Seisan est un parfait exemple de ce principe. Il contient 8 techniques de défense et 5 techniques d’attaque avec des changements de direction, d’où le nom de Seisan. La forme fait ressortir les caractéristiques d’un combat très proche, utilisant des techniques de frappe courtes et des coups de pied bas afin de percer les défenses de l’adversaire. Seisan est un Kata très important dans le style Goju Ryu.

Kururunfa (Paix et tranquillité pour toujours)

Kururunfa est un Kata avancé, ramené de Chine. Il comporte des mouvements d’esquive (Tai Sabaki). On notera également la présence du coup de pied fétiche du Goju : Kansetsu Geri. Ce coup de pied est pratiqué sur le genou de l’adversaire.

 Supaerinpeï (108 mains)

Suparinpei a un sens très spécial dans la religion bouddhiste. Il représente les 108 passions du diable. Dans les temples bouddhistes, 108 coups de cloches retentissent le 31 décembre à minuit, afin de chasser les mauvais esprits. C’est le Kata le plus long du Goju-Ryu (Goju Ryu) et assurément le plus beau.

Sanchin (Les 3 batailles)

Sanchin fut importé de Chine par Kanryo Higaonna. Il s’agit d’un Kata respiratoire, il est difficile à réaliser parfaitement bien qu’il y ait peu de mouvements. C’est le Kata le plus important et représente le style Goju-Ryu. Le chiffre trois est appliqué aux 3 batailles incarnées dans ce Kata : celle du corps, celle de la mémoire et enfin celle de l’esprit. Il y a plusieurs versions. Une courte qui finit avec deux Mawashi Uke à la fin et une longue avec deux Mawate Ce Kata est présenté au passage du premier dan. Même si ce Kata apparaît peu martial, ses applications en Bunkaï (interprétation des mouvements de Kata dans la réalité d’un combat) sont particulièrement intéressants et étonnamment réalistes en combat rapproché. 

Tensho (Les mains tournantes)

Tensho fut créé par Chojun Miyagi. Tout comme Sanchin, c’est un Kata respiratoire. C’est une combinaison de mouvements de mains souples et fluides, avec une forte tension dynamique en fin de mouvement, une respiration profonde et une force de concentration dans le Tandem (point de force). C’est un Kata caractéristique du style Goju Ryu. Ce Kata est extrêmement esthétique à regarder

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