Karate divers styles Shotokan origines & Kata

Gichin Funakoshi : créateur du Shotokan

Gichin Funakoshi est considéré comme le père du karaté moderne. Il est l’importateur du Karate Do au Japon et créateur du style Shotokan, il a fait évoluer la forme initiale du karaté d’Okinawa.

Né en 1868, Funakoshi vécut dans le district de Yamakawa Cho sur l’île d’Okinawa. L’ère Meiji débutait, l’homme était alors très cultivé et de surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres, il observait rigoureusement les interdits d’autrefois, et considérait au vu de ces principes que le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une image impeccable.

À l’origine, Funakoshi pratiquait les deux écoles qui dominaient (Shorei Ryu et Shorin Ryu). Après une dure pratique de ces deux formes de karaté, Funakoshi parvint à développer une nouvelle forme de karaté, un modèle plus simple, combinant les idéaux de Shorei Ryu et de Shorin- Ryu. Le karaté qu’il enseigna à ses étudiants reflétait les changements opérés par Anko Itosu, y compris la série de katas de Heian/Pinan. Funakoshi changea également les noms des katas de son programme d’étude, dans un effort de rendre les noms « étrangers » d’Okinawa plus agréables aux oreilles des Japonais.

Le maître Gichin Funakoshi, en tant que président de la Okinawa Shobukai, une association de karaté, fut convié en  par le ministère de l’Éducation à prendre part à une démonstration, agréée par le gouvernement nippon, organisée à Tokyo. Cette démonstration mettait en scène les arts martiaux traditionnels du pays, parmi lesquels le karaté. C’est ainsi qu’il fut le premier héraut du Karate Jutsu, discipline originale en provenance d’Okinawa (de l’archipel des Ryūkyū). Il devait alors, pour satisfaire les requêtes de nombreux individus, s’installer dans la capitale et y travailler à vulgariser son art martial. Le karaté Shotokan fut officiellement reconnu en 1939.

Avant de s’éteindre en 1957, Gichin Funakoshi forma de nombreux élèves : Obata, Okuyama, Egami, Harada, Hironishi, Takagi, Ohshima, Nakayama, Nishiyama, Kanazawa Hirokazu, Taiji Kase.

Gigo Funakoshi

 Funakoshi Gigo, Funakoshi Yoshitaka en japonais1907-1945) est le troisième fils de Gichin Funakoshi, fondateur du style de Karate Shotokan et est réputé comme père du Shotokan moderne.

Enfance et jeunesse

Gigo Funakoshi ou Yoshitaka Funakoshi est né à l’Okinawa. Diagnostiqué de tuberculose à l’âge de 7 ans, c’était un enfant maladif et il a commencé la pratique du Karate Do à l’âge de douze ans comme moyen d’améliorer sa santé[1]. Quand il était enfant, Yoshitaka accompagnait souvent son père Gichin Funakoshi lors de ses formations auprès de son sensei Yasutsune Itosu. Yoshitaka a ensuite quitté Okinawa pour venir à Tokyo avec son père quand il avait 17 ans.

Carrière

Quand le principal instructeur de son père, Takeshi Shimoda, est mort, Yoshitaka a assumé sa place dans l’organisation du Shotokan qui enseignait à différentes universités. Yoshitaka a commencé à développer une technique de karaté qui a définitivement séparé le karaté-do japonais des arts locaux d’Okinawa. Entre 1936 et 1945, Yoshitaka lui a donné une dimension japonaise complètement différente et puissante basée sur son étude du kendo moderne et de l’Iaïdo selon les enseignements du sensei Nakayama Hakudo. Le travail de Yoshitaka sur le développement japonais de karaté a été principalement popularisé par des maîtres comme Shigeru Egami et Genshin Hironishi, qui plus tard ont formé le style de Karate de Shotokai.

Par son enseignement et sa compréhension des arts martiaux japonais, Yoshitaka est devenu le créateur technique de karaté Shotokan moderne. En 1946, le livre Karate Do Nyumon, Introduction au Karate) par Gichin et Yoshitaka Funakoshi est sorti. Yoshitaka a écrit la partie technique, tandis que son père Gichin a écrit le préambule et les parties historiques.
On dit généralement que c’est lui qui a formalisé les kata simplifiés de la série Taikyoku.

Tsutomu Oshima Senseï

À la suite de Gichin Funakoshi, certains de ses élèves développèrent, à leur tour, également, leurs propres styles de karaté. Il existe donc des sous-variantes du style Shotokan. En voici quelques-unes :

Maître Ohshima a développé le Shotokan Ohshima, orienté sur le style Gichin Funakoshi (la famille Funakoshi avait confié à Ohshima la traduction du 2e livre du maître, Karate Do Kyohan). Ce style est représenté en France depuis 1964 par l’organisation France Shotokan.

Masatoshi Nakayama Senseï 

Masatoshi Nakayama (né le , mort le ) est un maitre japonais renommé de Karaté Shotokan, issu d’une vieille famille de Samuraï et élevé dans les préceptes du Bushido. Il a contribué à la fondation de la Japan Karate Association (JKA) en 1949 et est également l’auteur de nombreux livres de Karate dont la série Best Karaté  qui ont permis de populariser son art martial. Jusqu’à sa mort en 1987, Senseï Nakayama a répandu le karaté Shotokan à travers le monde. Il est promu 9e dan de son vivant puis 10e dan par la suite à titre posthume créateur de la Japan Karate Association (JKA).

Le Karate Shotokan a découvert le karaté à l’université Takushoku de Tokyo où Gichin Funakoshi l’enseignait. Il a aussi pratiqué le Kung Fu, le Penchak Silat et le Kendo. À la création de la Japan Karaté Association (JKA) en 1949, il en est devenu responsable des programmes techniques.

En 1957, après le décès de G. Funakoshi, il a organisé la première compétition JKA donnant ainsi un accent sportif au karaté JKA, accent que le maître Gichin avait toujours refusé de lui donner. Son objectif était de rendre le karaté populaire dans le monde entier. La JKA envoya ainsi ses instructeurs un peu partout dans le monde, à la fin des années 1950. Il a également fait passer le nombre de grades ou dan à huit au lieu de cinq.

Idetaka Nishiyama Senseï

(né le  – décédé le ) était un maître japonais-américain d’arts martiaux. Il était à la fois instructeur, auteur, dirigeant et pionnier. Il est un élève direct de Gichin Funakoshi, le fondateur du Karate Shotokan moderne.

Son éducation et sa formation aux Arts Martiaux

Né à Tokyo le , Senseï Nishiyama a commencé le karaté en 1943 sous la direction de Gichin Funakoshi. Deux ans après, il entre à l’université de Takushoku. Il devient membre de l’équipe de karaté universitaire et capitaine en 1949. Il cofonde la première fédération universitaire de karaté au Japon et en est élu président. Diplômé en sciences économiques de l’Université Takushoku en 1951, il cofonde le Japan Karate Association (J.K.A). Il est élu au conseil d’administration. Les 10 membres instructeurs qui représentent les arts du Budo au Japon, pour le programme d’entraînement au combat du Strategic Air; les 10 membres instructeurs qui représentent les arts du Budo au Japon, pour le programme d’entraînement au combat du Strategic Air Command (SAC). Le personnel du SAC a été formé au Kodokan en Judo, karaté et Aïkido.

Son entrainement et son apport aux États-Unis

En 1953, le SAC invite Nishiyama pour une mission avec 10 membres du Budo. Pendant trois mois, l’équipe visite les bases du SAC aux États-Unis pour y enseigner le karaté, le judo et l’aïkido. En 1960, Senseï Nishiyama a écrit un livre, The Art of Empty Hand Fighting (L’Art de la Main Vide), qui est considéré aujourd’hui comme une référence dans le domaine.

Sa vie aux États-Unis

En , les étudiants en karaté du SAC et les membres de JKA résidant aux États-Unis invitent Nishiyama à visiter l’Amérique. Plus tard, il fonde la Fédération amateur américaine de Karaté (AAKF).

En , Nishiyama organise, sous la direction de l’AAKF, le premier championnat national de Karate à Los Angeles, en Californie, où il a également établi son Dojo.

En 1965, il organise un comité avec les principaux membres de la coopération japonaise de karaté. Cela a mené le Japon à organiser un premier tournoi de karaté contre les États-Unis. En raison de la participation de l’équipe du Japon, cet événement est devenu le premier véritable Championnat International de Karate.

Son rôle pour le karaté au niveau international

En 1968, Hidetaka Nishiyama organise le premier championnat du monde à l’arène des sports de Los Angeles en même temps que les tournois commémoratifs olympiques accueillis par la Fédération de karaté du Mexique à Mexico. Une conférence a eu lieu pendant le tournoi qui a abouti à un accord pour former une Fédération internationale de karaté. Il organise son premier championnat du monde officiel à Tokyo.

En 1970, il est président de la AAKF, président de la JKA et membre du comité olympique des États-Unis.

En 1973, il fonde l’Union pan américaine de karaté (Panamerican Karate Union, PAKU) et est élu premier président exécutif et contribue à organiser le premier championnat de PAKU qui a lieu à Rio de Janeiro, au Brésil.

Par la suite, il devient le président exécutif de l’International Amateur Karate Fédération (IAKF). L’IAKF tient son premier championnat du monde à Los Angeles en 1975.

En 1976, il est à l’origine de la formation du comité méditerranéen du championnat de karaté. Il organise la Fédération bolivienne de Karaté. Cette année-là, agissant au nom de l’IAKF, il soumet une demande au Comité international olympique (CIO) afin que ce dernier reconnaisse le Karate traditionnel en tant que discipline olympique.

En 1979, en accord avec la loi publique américaine régissant les corps dirigeants des sports amateurs nationaux, la fédération de karaté amateur américaine succède à l’AAKF en tant qu’organisation d’utilité publique et à but non lucratif. Nishiyama en est élu président.

En 1981, il donne son appui à la formation de la confédération sud-américaine de karaté et à la confédération nord-américaine de karaté.

En 1985, l’IAKF change de nom pour devenir la Fédération internationale de Karate traditionnel (ITKF) puisque le mot « karaté » est devenu un terme générique appliqué à une variété de sports de combat fondamentalement différents du karaté original, véritable art martial. En 1987, le CIO confirme officiellement que l’ITKF est le corps régissant du karaté traditionnel qui regroupe aujourd’hui près de cent pays[1].

Sa réputation et sa reconnaissance au niveau international

La réputation de Senseï NISHIYAMA, avec sa supériorité technique et sa connaissance dans la discipline du Karaté Traditionnel a écarté l’éventualité de toute expertise. Parmi ses anciens élèves : De nombreux experts tels que Robert Fusaro (USA), Włodzimierz Kwieciński (Pologne), Ibrahim El Marhomy [archive] (Égypte/France), Richard Jorgensen (Canada) et bien d’autres qui continuent à développer le Karaté Traditionnel dans le monde entier, des Instructeurs Nationaux et Internationaux et des célébrités. En France, il est représenté par le Sensei Ibrahim El Marhomy, septième Dan ITKF et directeur technique de la FKTAMAF.

Senseï NISHIYAMA a continué jusqu’à son décès en 2008 à enseigner dans son DOJO appelé « Central Dojo » à Los Angeles. Il organisait des conférences et des cours aux États-Unis et dans le monde entier. Il a produit également de nouveaux textes, des manuels, des cassettes vidéo et divers documents pour l’instruction du Karaté Traditionnel. Le , Senseï Nishiyam, Président de l’ITKF et Président de la Fédération Amateur Américaine de Karaté, a été recommandé par le gouvernement japonais pour la promotion mondiale de la culture japonaise en tant qu’Instructeur principal du Karaté Traditionnel.

Les Honneurs

Pour la première fois dans l’histoire du karaté, un Maître reçoit une décoration par l’Empereur du Japon. Senseï Hidetaka Nishiyama, Chairman de l’ITKF, a reçu ‘la plus haute distinction’ du Japon l’Ordre du Trésor sacré, « Le Rayon d’Or avec rosette » qui lui a été remis par l’Empereur du Japon pour tous les services rendus et la promotion du karaté traditionnel dans le monde. Avec cette distinction, pour Senseï Nishiyama, le karaté traditionnel rentre dans les arts du Budo japonais. Pour honorer ses contributions, le Sénat américain a fait flotter le drapeau des États-Unis en son nom, à Washington, à l’occasion de son anniversaire. Grâce au travail de H. Nishiyama, non seulement le Gouvernement américain, mais aussi les autres nations, reconnaissent maintenant les bénéfices et respectent le karaté traditionnel, encourageant son développement dans leurs nations respectives.

En , lors de la Coupe du Monde de Karaté en Pologne il a reçu par le Président de la République polonaise, Monsieur Aleksander Kwasniewski la médaille du Mérite. Malgré de nombreuses heures de cours donnés et un calendrier de voyage chargé, il a continué à fermement poursuivre l’étude du système de formation technique du Karaté-do originel pour mieux intégrer ces concepts fondamentaux dans les méthodes modernes d’instruction.

L’année 2005 a marqué l’accomplissement de trois décennies de longues études. Il a dit : « À cet instant, je suis très fier d’avoir finalement achevé ce long projet de toute une vie et d’avoir la confiance que nous pouvons maintenant transmettre le vrai art du Karaté Traditionnel aux générations futures. Maintenant c’est à votre tour de relever les nouveaux défis et d’accepter les occasions offertes par ce corps de connaissance pour que le Karaté Traditionnel puisse continuer à grandir et à se développer afin d’être bénéfique à tous ceux qui lutte pour les niveaux de plus hautes compréhension tant sur le point de vue de l’esprit que sur le point de vue du corps. »

Hirokazu Kanazawa Senseï

Meijin, né le  dans la préfecture d’Iwate (Japon) et mort le  est un expert japonais de Karate Shotokan de renommée mondiale.

Il est le président (Kancho) et chef instructeur de la Shotokan Karate-do International Fédérations (SKIF), une organisation qu’il a lui-même fondée en 1978 après avoir quitté la Japan Karate Association (JKA). Kanazawa est l’un des rares maîtres à avoir obtenu un 10e dan (le grade le plus élevé qui puisse être attribué en Shotokan).

Biographie

Son oncle et son père étaient experts de Ju-Jitsu. Il découvre d’abord le kendo, comme beaucoup d’enfants japonais de l’époque, puis se tourne vers le Judo et la boxe anglaise. Ses premiers contacts avec le Karaté se font par l’intermédiaire d’un camarade de classe qui lui enseigne les rudiments du Karaté d’Okinawa. Plus tard, Kanazawa étudiera à l’université de Nippon Dai où il découvrira un karaté fondé sur le combat rapproché. Quelques années plus tard, il entre à l’université de Takushoku, célèbre pour son Dojo Shotokan et sera d’ailleurs un des derniers élèves de Gichin Funakoshi. C’est là ensuite qu’il devient le disciple de Masatoshi Nakayama, réformateur, avec Nishiyama de la Japan Karate Association (JKA).

En 1956, il termine l’Université et entre à la JKA comme instructeur. L’année suivante, en 1957, lors des premiers championnats japonais, il prend la première place en Kumite. En 1958 il est une nouvelle fois champion en Kumite et obtient également la première place en Kata. En 1959, il finit deuxième en Kumite et en kata.

En 1961 commence la carrière de Kanazawa-Kancho en tant que professeur de karaté à titre professionnel et la JKA l’envoie à Hawaï comme instructeur en chef. Il est alors détenteur du 5e Dan. En 1962, il déménage en Europe et devient en 1966 instructeur en chef de Grande-Bretagne et d’Allemagne. En 1967 il est nommé instructeur en chef pour l’Europe et simultanément il obtient le 6e dan. En 1971 Kanazawa-Kancho est élevé au grade de 7e dan et promu instructeur en chef pour tous les instructeurs enseignant à l’étranger au nom de la JKA.

En 1977 il y a des divergences de nature conceptuelles entre la JKA et Kanazawa-Kancho. Il se sépare de la JKA, afin de réaliser son rêve du Karate-do et fonda le « Shotokan Karate-do International Fédération » (S.K.I.F.). Kanazawa peut alors donner libre cours à sa créativité et à son génie personnel. En tant que grand maître du Shotokan, il n’hésite pas à investir de nombreux domaines de l’art martial et à pratiquer d’autres styles. C’est ainsi qu’il devient le disciple de Yo Meiji (de son vrai nom Yang Ming Che), le fondateur du Taikyoku Ken.

Le Taikyoku-Ken est une version japonaise du Taiji Quan (dont Kanazawa est aujourd’hui également 10e dan) semble complètement opposé au karaté, mais cela l’aide à développer la relaxation musculaire. Le Tai Chi lui permet d’exécuter les techniques de karaté de manière efficace, c’est-à-dire mettre sous tension les muscles seulement à la fin de l’exécution de la technique. Il dit : « Avec le Tai Ji je peux voir ma maison (le karaté) de loin, dans toute sa beauté. Si j’étais resté chez moi, je ne l’aurais jamais vue telle qu’elle est ».

Comme il est devenu entre-temps l’une des personnalités de premier plan sur la scène internationale du karaté, plusieurs instructeurs de renom de la JKA le suivent dans sa démarche et enseignent sous son égide. Grâce à sa vision et sa personnalité, la fédération connaît une très rapide expansion et est à ce jour la plus grande fédération Shotokan au monde, représentée dans plus de cent pays sur tous les continents. En 1978 La Fédération internationale des arts martiaux (International Martial Arts Fédération) décerné à Kanazawa-Kancho le 8e dan.

En 1979, il fonde la Shotokan Karate-do International Fédération, une institution désormais implantée dans pas moins de 90 pays à travers le monde. Outre ce livre, Hirokazu Kanazawa est également l’auteur de Karate-My Life et de plusieurs autres ouvrages en japonais sur le même thème.

Il reçoit le grade de 9e dan en 1980. Kanazawa Kancho est considéré aujourd’hui comme l’une des personnalités les plus importantes du karaté au monde. Il est l’auteur de plusieurs livres et films didactiques. Outre le Shotokan Karate, Kanazawa-Kancho est également très expert dans le maniement de diverses armes Kobudo et dispose de vastes connaissances dans le domaine des différents styles de karaté.

« Cette distinction, reçue en 2002, me procure une grande fierté. Ce d’autant qu’elle m’a été remise par un membre de la famille Tokugawa, dynastie qui a marqué le Japon de son emprise du XVe siècle au XVIIIe siècle ».

Et Kanazawa d’évoquer un sentiment similaire lorsqu’il reçut son 8e dan des mains d’un représentant de la famille impériale. La vie de Kanazawa a jusqu’à présent été dédiée au karaté. Dès lors, à bientôt 74 ans, envisagerait-il de lever le pied ? « Je suis en train de passer la main gentiment, assure le karatéka. Cependant, je vais continuer à monter sur les tatamis jusqu’à mes derniers jours. Car si dès 40 ans les muscles faiblissent, les forces internes et l’esprit prennent le relais ».

À noter que la relève de la dynastie Kanazawa semble bien assurée : trois fils instructeurs de karaté et une petite-fille déjà éprise du Karate à l’âge de sept ans.

Anecdote

En 1957, Hirokazu Kanazawa a gagné le All Japan Karate Championship  premier championnat de karaté du Japon, organisé par la JKA — en ayant une main fracturée. Quelques jours avant la compétition, il reçoit en effet un mauvais coup en pratiquant le Kumite contre six adversaires en même temps, pratique qui avait pour but d’accélérer ses réflexes et son temps de réaction. Son entraîneur, Nakayama, lui suggère de ne pas prendre part au championnat et d’encourager ses coéquipiers à la place. Lorsque Kanazawa rentre chez lui, il trouve sa mère qui est venue de très loin pour le voir combattre. Voyant son état, elle lui demande si en karaté on utilise seulement les mains. Il lui répond qu’outre les mains on utilise aussi les pieds, les coudes, les genoux, et que tout le corps est une arme. Kanazawa obtient finalement une dérogation du comité organisateur et remporte le premier championnat de karaté du Japon.

Taiji Kase Senseï

Il est un karatéka japonais né le  à Chiba (Japon) et mort le  à Clamart (France). Il fut 9e dan de Karate Do Shotokan et 10e dan à titre posthume.

Biographie

Enfance et jeunesse

Passe son enfance à Nakayama Chiba.  Dès l’âge de 5 ans, il pratique le judo assidûment, comme son frère et son père qui est 5e dan. Il est lui-même 3e dan en 1944 et s’initie à l’Aïkido.

En , il a 15 ans quand il découvre le livre « Karate Do Kyohan » de Gichin Funakoshi (1868-1957) et décide de se rendre au Honbu Dojo Shotokan où le fils de Gichin Funakoshi, Yoshitaka, l’accepte malgré son jeune âge, après une longue discussion sur le Budo.

En , il est formé à l’école de la Marine – Kaigun Heiwa Gakko – dans le camp des pilotes Kamikazes. Il n’y restera que six mois, jusqu’à la fin de la guerre, et l’armistice sera signée avant qu’il puisse effectuer sa mission suicide. En , il entre à l’âge de 16 ans, à l’université Senshu département économie – d’où il sortira diplômé en . Il y est capitaine de l’équipe de karaté-Do, ce qui lui permet de pratiquer intensément avec Genshin (Motonobu) Hironishi et Jotaro Takagi. En 1949 Sensei Kase sera, à 20 ans, le plus jeune au grade de Sandan.

Parcours en tant qu’instructeur

Présenté par Sensei Hironishi (1913-1999), il entre à la JKA (Japan Karaté Association, créée en ) dont Sensei Nakayama est alors chef instructeur (et le restera jusqu’à sa mort en 1987) et Taiji Kase devient un professeur des plus qualifiés. Il entraîne de jeunes instructeurs : Keinosuke Enoeda, Hirokazu Kanazawa, Hideo Ochi et Hiroshi Shirai, avec qui il entretiendra des relations étroites d’amitiés et de travail.

En , année des JO de Tokyo, il est envoyé en Afrique du Sud pendant trois mois pour y développer le karaté-Do. Début 1965, mandaté par Zentaro Kosaka président de la JKA et ministre japonais des Affaires Étrangères – il a pour mission de propager le Karaté-Do à travers le monde. Il est cette fois à la tête d’un groupe composé de Enoeda et Shiraï. En un mois, ils donneront des démonstrations à travers le monde. Puis Sensei Shiraï partira pour l’Italie où il s’établira, Sensei Enoeda choisira Liverpool. Sensei Kase retournera en Belgique et aux Pays-Bas, puis il rentre au Japon.

Il arrive à Paris en , accueilli à la gare de Lyon par Jean-Pierre Lavorato, pour enseigner au Dojo de la Montagne Sainte-Geneviève, dojo d’Henry Plée. Il enseignera à la Montagne pendant cinq années. En 1972, il enseigne au centre Daviel (aujourd’hui Paris Anim’ Victoire Tinayre) à Paris, dans le 13e arrondissement. Puis il ouvre en 1973 le dojo de la rue Daguerre.

Chef instructeur en France pour la JKA et responsable de la JKA Europe, il formera de nombreux élèves et conduira ses équipes aux divers championnats (de France, d’Europe et du monde) organisés par la JKA. La JKA organisera en 1973 une tournée à Kyoto, où Sensei Kase conduira la première équipe de France « Kata » composée de Hamid Hamiche, Gérald Dumont, Marcel Lancino, Camille Daudier… Sensei Kase quitte en 1972 le dojo d’Henry Plée pour se consacrer à l’enseignement du vrai karaté-Do. Car bien que membre de la JKA – et l’un des créateurs des premières règles de compétitions où il fut aussi arbitre – il ne cessera jamais de pratiquer le karaté comme un Budo. L’émergence du karaté moderne l’incitait à faire renaître le concept de Budo, dans sa pratique et dans son enseignement. Il était convaincu que le développement sportif du karaté moderne faisant perdre au karaté-Do son âme authentique, est incompatible avec le concept du Budo. Il considérait en effet la compétition sportive comme une phase possible du karaté-Do, une réalité limitée par les règles de compétition et d’arbitrage. Dans la philosophie des arts martiaux, l’esprit doit être libre et sans limite. De fait, il y a un niveau au-dessus de la compétition : le karaté-Do dans l’esprit du Budo.

Maturité et transmission

À partir de 1976, il multiplie les voyages à l’étranger : Yougoslavie, Italie, Algérie, Mali, Côte d’Ivoire. Dans les années 1980, il publiera deux livres sur les Dix-huit kata supérieurs et les Cinq Heian, manuels qui sont toujours édités. Quand il quitte la JKA à la fin de cette décennie, il crée en 1989 avec Sensei Shiraï (ancien élève à l’université Komazawa) la World Karate-Do Shotokan Academy (WKSA) destinée à l’enseignement des ceintures noires et des professionnels du Karate-Do Shotokan. Son principal souci est de continuer à progresser. Sensei Kase était prêt à partager ses connaissances et son expérience avec ceux qui l’écoutaient. Il disait que « tout karateka doit pratiquer au moins 20 années avant de savoir s’il doit ou non continuer ».

Le , Sensei Kase résiste à une attaque cardiaque. Après cet infarctus, sa tension demeurait élevée, et il impressionnait les médecins de l’hôpital en leur disant d’attendre quelques minutes pour avoir le temps de faire des exercices respiratoires et ainsi la faire baisser. Après six mois de repos forcé, il reprend l’enseignement et l’entraînement. Il disait : « Si vous enseignez le karaté-Do, vous devez vous entraîner régulièrement vous-même. Vous devez pratiquer plus fort, et plus que vos étudiants. Si vous avez pratiqué assez longtemps, le karaté est en vous et vous pouvez vous entraîner n’importe où. » Il a comme passion d’étudier de vieux livres de Budo, de poésie et de philosophie. C’est un grand historien des arts martiaux. Il a enseigné le sens de cette phrase prononcée par Gcshin Funakoshi : « Karate ni sente nashi » (« Il n’y a pas de première attaque en Karaté »).

En 2001, est fondée la Shotokan Ryu Kase Ha Instructors Academy (SRKHIA) à vocation internationale, dont l’objectif est de diffuser l’esprit du Karate Do de Yoshitaka Funakoshi, en formant des instructeurs qui entraîneront les générations suivantes à la pratique du karaté en tant que Budo. Le , entouré de ses plus fidèles élèves au sein du Shihankaï, il signe le « Grading Syllabus », programme technique requis pour les passages de grades à partir du Shodan, afin de pérenniser l’enseignement de la « Kase Ha Ryu » dont il a choisi l’emblème, l’idéogramme GI qui représente l’honneur, une obligation morale envers quelqu’un. Son affection profonde envers la tradition japonaise des samouraïs et les principes du Code du Bushido, a marqué durant toute sa vie sa pratique du Shotokan Karaté Do, et engendrera cette lignée particulière qui porte désormais son sceau : le « Kase Ha Shotokan Ryu Karate-Do », pérennisé au travers de l’organisation Kase-ha Shotokan Ryu Karaté-do Academy (KSKA). Comme aimait à le rappeler Shihan Dirk Heene, 8e dan et fidèle assistant de Sensei Kase, à propos des karatékas français : « Vous avez le plus grand expert de karaté au monde et vous ne le savez pas ».

Sensei Taïji Kase meurt à l’âge de 75 ans, le  à Clamart, dans la banlieue sud de Paris. Le 10e dan lui sera décerné à titre posthume.

Kase-ha Shotokan Ryu Karate Do Academy

Logotype de la Kase-ha Shotokan Ryu Karate Do Academy.

L’organisation Kase-ha Shotokan Ryu Karaté-do Academy (KSKA) a été créée par les élèves les plus proches de Sensei Kase pour pérenniser et développer son enseignement. La Présidente d’honneur est Madame Chieko Kase, épouse de Sensei Kase[3]. Elle est dirigée par Shihan Dirk Heene, 8e dan et fidèle assistant de Sensei Kase.

Les membres du Shihankaï, comité technique de la KSKA, ont créé chacun une organisation pour promouvoir l’enseignement KSKA dans leur propre pays : Dirk Heene en Belgique, Velibor Dimitrijévic en Grèce et en Serbie, Michaylo Fedyk en Angleterre, Jim Martin en Écosse, Pascal Lecourt en France, Pascal Petrella en Allemagne.

KATA

Kata de base

Description Taikyoku Shodan
Description Taikyoku Nidan
Description Taikyoku Sandan
Description Taikyoku Yondan
Description Taikyoku Godan
Description Taikyoku Rokkudan
Description Taikyoku Shichidan
Description Ten No Kata Uchi
Description Ten No Kata Uke
Description Ten No Kata Omote

1er Dan

Description Heian Shodan
Description Heian Nidan
Description Heian Sandan
Description  Heian Yondan 
Description Heian Godan
Description Tekki Shodan 

Vidéo Heian Shodan
Vidéo Heian Nidan
Vidéo Heian Sandan
Vidéo Heian Yondan
Vidéo Heian Godan
Vidéo Tekki Shodan

2ème Dan

Description Bassaï Daï
Description Kanku Daï
Description Hangetsu
Description Empi
Description Jion

Vidéo Bassaï Daï
Vidéo Kanku Daï
Vidéo  Hangetsu
Vidéo Empi
Vidéo Jion

 

3ème Dan

Description Gangaku
Description Jitte
Description Kanku Sho
Description Bassaï Sho
Description Tekki Nidan

Vidéo Gangaku
Vidéo Jitte
Vidéo Kanku Sho
Vidéo Bassaï Sho
Vidéo Tekki Nidan

4ème Dan

Description Sochin
Description Jiin
Description Unsu
Description Tekki Sandan
Description Nijushiho

Vidéo Sochin
Vidéo Jiin
Vidéo Unsu
Vidéo Tekki Sandan
Vidéo  Nijushiho

5ème Dan

Description Gojushiho Sho
Description Gojushiho Daï
Description Meikyo
Description Chinte
Description Wankan

Vidéo Gojushiho Sho
Vidéo Gojushiho Daï
Vidéo Meikyo
Vidéo Chinte 
Vidéo Wankan

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