Le salut « Reï »
Au Dojo, tout comme dans n’importe quelle activité quotidienne au Japon, le salut est une attitude de respect envers autrui ; le salut n’étant qu’une expression du Reïgisahoo (Reïgi politesse ; Sahoo étiquette), plus généralement appelée Reïshiki et respectée dans les Dojo ; du moins, le devrait.
L’étiquette dans le Dojo n’est pas conçue pour glorifier les anciens, encore moins pour contribuer à un quelconque mysticisme des arts martiaux et n’a aucun rapport à une religion.
Il ne s’agit seulement que du respect de bonnes manières permettant la discipline, un travail en sécurité et une disposition d’esprit ainsi qu’un engagement optimal lors des entraînements.
Les saluts doivent être sincères dans l’esprit du Dojo Kun.
L’idée que cette étiquette fasse appel à un cérémonial protocolaire complexe (voire désuet), idée couramment répandue chez les novices, est absolument injustifiée car les japonais ont, a contrario, l’art de réduire au minimum les gestes inutiles et d’aller à l’essentiel en parfaite harmonie.
Pour s’en convaincre, observez une cérémonie du thé qui est élevée au rang d’Art avec ses Maîtres et ses écoles (Urasenke) : chaque geste est mesuré, simple et efficace.
Le salut adopté dans les arts martiaux, tant debout (Ritsureï) qu’assis (Zareï) est issu de la codification de la cérémonie du thé (Chanoyu), puis adaptée au port des armes et armures dans le Bushido pour certains « aménagements » (les samouraïs, en armures saluaient en inclinant uniquement la tête par exemple).
Lorsque vous entrez, vous saluez les gens à l’intérieur et s’il n’y a personne, vous devez tout de même saluer. Mais vous ne saluez pas un dojo vide, vous saluez l’esprit de ceux qui sont absents maintenant ou qui sont sur le point d’arriver.
Ceci démontre du respect, un bon état d’esprit, et une bonne attitude.
Ritsureï, salut debout.
Le salut debout que l’on fait en position Mosubi-Dachi.
On s’incline doucement vers l’avant à environ 30° puis on se redresse tout simplement.
Ce salut s’effectue à chaque fois que vous allez travailler avec un partenaire et lorsque vous avez terminé de travailler ensemble, ou quand vous entrez sur le tatami, etc.
Zareï, salut à genoux.
Partir de la position Mosubi-Dachi puis poser le genou gauche à côté du talon droit, puis le genou droit.
Dernière, les pieds doivent sur la plante des pieds.
Ensuite on s’assoit sur les pieds mais sans les écraser et en conservant la colonne vertébrale droite.
Pour les femmes les genoux doivent être collés tandis que pour les hommes les genoux sont légèrement écartés.
Poser la main gauche en premier au sol, suivre avec la main droite, ne pas baisser le regard pendant ces deux premiers temps.
Joindre les deux mains en créant un triangle avec les pouces et les index se touchant.
S’incliner respectueusement et totalement décontracté pour le salut.
Le retour se fait en sens inverse, se redresser posément, tirer la main droite sur le haut de la cuisse suivi par la main gauche.
Deux points importants :
1- Pour se mettre à genoux, le genou gauche est descendu en premier pour que le fourreau du sabre ne touche pas le sol en descendant.
2- La raison de la main gauche posée en premier est de pouvoir dégainer son sabre porté à la ceinture côté gauche en cas d’agression lors du salut.
L’entraînement commence et se termine par un rituel de courtoisie, élément qui permet aux individus de travailler ensemble efficacement et en toute sécurité.
Le salut est votre façon d’exprimer votre respect aux autres.
C’est une forme de respect que de saluer lorsque nous quittons le tapis et lorsque nous revenons sur le tapis.
Mais le salut est aussi une forme de méditation en quelque sorte, vous devez démontrer une présence dans votre salut, vous devez être présent dans ce temps, dans ce moment.
Si cela est fait avec sincérité, cela est correct.
Si cela est fait avec distraction, cela n’est pas début d’un cours est vraiment une période de méditation lorsque nous correct.
La cérémonie du salut au sommes assis dans la bonne posture afin de chasser toute distraction de notre esprit et de se préparer pour une bonne pratique. Lors du salut, votre esprit doit se vider.
Cela avec le résultat que votre esprit devient un écran filtrant toute pensée antérieure, vous laissant prêt à absorber toutes les leçons qui suivent.
Dans un dojo traditionnel japonais trône sur le mur un petit autel shinto, l’image du fondateur de l’école ainsi qu’une calligraphie. Le Kamiza est l’endroit où se tient le professeur lors du salut.
Du côté opposé au Kamiza s’assoient les élèves pour le salut ou pour écouter le professeur.
Le Sensei fait face à ses élèves disposés devant lui sur une ou deux rangées (du côté du mur « Shimoza »).
Derrière lui se trouve le mur du « Kamiza » (ou « Shomen »).
Dans le cas d’un nombre important d’élèves les assistants, les hôtes, les gradés anciens peuvent se placer sur une ligne à gauche du professeur (c’est le mur du « Joseki ») et les débutants, alignés sur le mur d’en face à droite du professeur (mur du « Shimozeki »).
– Le Senseï se met en position à genoux,
Genou gauche au sol suivi du genou droit et s’assoie sur ses talons, si c’est un homme les genoux ne se touchent pas mais écartés de deux poings, pour les femmes les genoux se touchent (ceci est valables pour tout le monde), Il pose ses mains en Hirabazami sur le haut des cuisses.
Les Senpaï le suivent.
– Le plus gradé annonce: « Zeiza ».
Tout le monde d’un seul bloc prend la position (identique au Sensei).
– Le plus gradé annonce: « Mokutsu » (méditation).
Tous les pratiquants ferment les yeux et joignent leur index et pouce qu’ils reposent sur leur genoux paume vers le ciel
– Le plus gradé annonce: « Mokutsu Yame ».
Tous les pratiquants ouvrent les yeux et reprennent la position des mains de base en haut des cuisses.
Le Senseï se tourne d’un bloc du côté du « Shomen », le mur derrière lui et l’éventuel autel, ou idéogramme qui le décore.
– Le plus gradé donne le signal du 1er salut : «Shomen Ni… Reï ! »
Tout le monde s’incline face au « Shomen ».
Le Senseï se retourne d’un seul mouvement face aux élèves alignés le long du « Shimoza ».
– Le plus gradé donne le signal du 2ème salut : « Sensei Ni…Reï ! » Tous le monde s’inclinent pour saluer le professeur, qui leur rend leur salut en s’inclinant à son tour.
– Le plus haut gradé se tourne vers les Senpaï d’un bloc et donne le signal du 3ème salut : « Senpai Ni… Reï ! ».
Tout le monde s’inclinent face aux Senpai qui s’incline dans le même temps que le plus haut gradé, les Senpai leur rendent leur salut en s’inclinant à son tour..
– Le plus gradé fait face à celui qui est à son côté donne le signal du 4ème salut: « Otogai Ni… Reï ! ».
Les élèves se tournent vers leur voisin et s’inclinent.
