La façon d’aborder les différents cas d’élèves que j’ai devant moi :
enfants / adultes, débutants / anciens, compétiteurs / traditionalistes, gradés/non gradés.
Pour tous, en début de saison sportive, je narre les origines de la discipline qu’ils désirent pratiquer. Cette phase est très importante, car elles nous font comprendre le pourquoi des choses. Juste un exemple : la façon de saluer nous fait saisir la notion de la posture, du regard, du respect.
Cette étape est la toute première, en début de saison, avant même l’inscription administrative sur le formulaire de l’adhésion. Je ne cherche pas des clients, mais des pratiquants sincères dans leur pratique avec qui je veux partager.
Pour ce premier cours de la saison, mes assistants sont à mes côtés et vont participer à ce premier contact. A chaque étape de ma narration j’utilise des scènes où mes assistants m’agressent « avec ou sans arme » (le tout sans agressivité), tel un conte, je dessine devant leurs yeux « les origines du Karate depuis Okinawa jusqu’à son arrivée en Occident. Ceci est ma première prise de contact avec les éventuels intéressés.
Seconde étape, pas exactement un échauffement, mais une prise de conscience de notre corps, « comment vit-il, », « de quoi est-il fait ? », « de quoi a-t-il besoin ? », tout cela agrémenté de petits mouvements, juste assez pour se rendre compte qu’à cet endroit du corps, se trouve un muscle (ignoré jusqu’à présent) qui a besoin que l’on le prépare pour ne pas se blesser. Plusieurs mises en condition sont utilisées et bien spécifiques chacune, ne pas pratiquer pour des enfants de la même façon que pour les adultes.
Je n’oublie pas (même si la pratique martiale est sérieuse) que les enfants doivent apprécier le côté ludique dans la pratique.
Pour ces jeunes, j’insiste sur le déplacement de leur corps dans l’espace et sur la coordination de leurs membres.
Cet échauffement pour les enfants peut se dérouler sous une forme compétitive. Je demande au groupe de se mettre deux par deux et de préférence de même gabarit, les enfants se font face sur deux lignes distinctes que je nomme ligne « A » et ligne « B » ce qui me donne deux groupes l’un étant groupe « A » et l’autre groupe « B ».
A présent (un exemple parmi tant d’autres), dans un premier temps : un groupe recule vers le mur qui est derrière eux pendant que l’autre groupe exécute le même déplacement avec leur mur situé derrière eux, deuxième temps repartir vers l’avant pour se retrouver en binôme (comme à leur départ).
Sur le sol, selon le lieu d’entraînement, nous des lignes de tatamis ou des lignes dessinées par les parquets.
Explication de l’exercice : la ligne du groupe « A » se trouve à ma droite (dans le cas présent ils font face au mur « Est ») et le groupe « B » (face au mur « Ouest »), chaque groupe doit courir vers le mur face à eux, à chaque fois que je frappe dans mes mains, chaque groupe repartiras dans la direction opposée, de la manière l’enseignant, en reculant ou en faisant demi-tour, c’est une excellente façon de faire monter en température leur corps, tout en jouant.
Vient à présent, l’éducation du Karate proprement dit, il est temps de laisser le côté militaire, pour moi ce n’est pas le meilleur exemple pour les enfants. La découverte du Karate doit être naturelle si l’on utilise la bonne formule.
Prenons l’exemple de la position dite « Zen Kutsu Dachi » , avec les enfants, ne pas utiliser ce terme japonais dans un premier temps, je demande dans ce cas que chaque enfant avance sa jambe gauche (ou droite) d’un pas en gardant la jambe arrière tendue.
Une précision humoristique permet une meilleure compréhension de la position finale « attention les enfants, au sol, entre vos jambes coule un petit ruisseau, ne mettez pas votre pied dans l’eau, mais de chaque côté du ruisseau ». Une dernière petite chose, les enfants, « est-ce que vous pouvez voir les orteils de votre pied avant ? ». La réponse générale sera « oui je les voie », alors patatras, je brise gentiment leur satisfaction en leur disant : ce n’est pas normal, vous ne devriez pas les voir, votre genou avant doit les cacher, donc pliez le plus, et ainsi vous aurez bien votre poids sur la jambe avant.
Nous appelons cela en japonais « Zen Kutsu Dachi », en français position en avant.
La bonne humeur lors des cours avec les enfants, est pour moi une priorité. Ce n’est pas pour cela que j’accepte le débordement, seulement rendre le cours attractif, ludique et surtout faire progresser ces enfants dans le domaine sportif sans violence ni contrainte.
A vous, les enseignants, de trouver d’autres combinaisons pour les intéresser à préparer leur corps.
