Il y a environ 30 ans, lors de stages, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Shihan Fumio Demura, cet expert de renommée internationale m’avait particulièrement impressionné. Son niveau de connaissance dans la pratique était complétée d’un humanisme et d’une passion du Karate communicative. Depuis plusieurs années, il ne venait plus en France, en effet l’association dirigée par Patrick Tamburini Senseï (RIP) avait été dissoute.
J’avais très envie de le revoir et de permettre à d’autres pratiquants de faire sa connaissance, c’est pourquoi fin année 2000, j’ai pris contact avec lui, (il vit en Californie).
Shihan … est né au Japon, il vit aux USA depuis 1965, possède le grade actuellement de 9ème Dan de Karate et pratique également le Kobudo à un très haut niveau. Grâce à ses démonstrations spectaculaires, il est approché par mes gens du show-business et du cinéma. Il a joué dans les films et réglé des scènes de combat dans d’autres (Karate Kid, Soleil levant, Shootfighter…). Il vit à Santa Ana au sud de Los Angeles.
J’entre tout d’abord en contact par messagerie électronique. Mais ce système a ses limites, rapidement je constate que pour organiser sa venue en France, il faut que j’aille aux USA.
Pendant ce séjour je dois obtenir son approbation et ensuite commencer à planifier avec lui la chronologie des échéances pour l’organisation de son séjour. Il me conseille de venir le voir penDant une période précise du mois de février. En effet c’est le moment propice, car il organise un grand tournoi.
Pour cette occasion, ses élèves de tous les États Américains ainsi que des délégations étrangères font le déplacement. Les stage de préparation aux compétitions, les épreuves et les démonstrations se succèdent pendant plusieurs jours.
Il m’invite également à m’entraîner dans son Dojo. En février 2001, un mois et demi après une lourde intervention chirurgicale ( je ne pesais plus que 49 kg), je m’envole pour ma Californie pour une durée de 10 jours (m’accompagne José Lobo Senseï).
Je dois en revenir avec un accord pour sa venue à Paris. dans ce contexte, mes interlocuteurs, Shihan…. Than N’Guyen et les professeurs intéressés par cette proposition de séminaire national français. J’ai dû prendre contact, pour la partie logistique avec Karate Bushido, Ceinture du Noire, Art Martial Magazine… ainsi que divers quotidiens, le personnel de l’organisation de la « Nuit des Arts Martiaux » de Bercy, Madame Barissat, les service des sports des différentes municipalités acceptant de le recevoir, Air France, ainsi que divers hôtels et restaurants.
Pour réussir cette organisation, j’ai dû me fixer des objectifs et assurer un auto-contrôle. Parmi ceux-ci, on peut citer :
– Un engagement en temps, 10 jours de congé.
– Un engagement financier, utilisation d’un budget personnel.
– Un engagement moral.
– Ma crédibilité.
– J‘ai informé le responsable du service des sports de diverses localités pour réserver leur plus grande salle.
– Je me suis également renseigné sur la réservation possible de parking.
– Pour raison de sécurité, toutes manifestations sportives importantes le week-end est assujettie à certaines contraintes (gardiennage renforcé mise en place d’un poste de secours…).
J’avais maintenant une année pour la planification et l’organisation. J’ai mis en place un rétro-planning, à partir de la date de stage confirmée, afin qu’aucune étape ne soit oubliée.
Sur un séjour d’une dizaine de jours, je souhaitais organiser un stage dans mon Dojo le premier week-end et ensuite proposer ou organiser, suivant les demandes, d’autres séminaires. Comme pour toutes organisations, les deux impératifs suivants se présentaient :
– Avoir un nombre de participants suffisant pour conforter la crédibilité de Shihan…
– Avoir suffisamment de moyens financiers pour assure la logistique (paiement des billets d’avion, hôtels, restauration) sans oublier le règlement pour les cours.
Pour réussir, il faut informer les personnes potentiellement concernées suffisamment tôt. J’ai fait appel aux divers amis-professeurs pour qu’ils, puissent participer au stage dans mon Dojo ou inviter dans leur propre Dojo Shihan… (il est toujours gratifiant pour un professeur de recevoir une personne faisant autorité dans la discipline).
J’ai également contacté le magazine « Karate Bushido » afin d’assurer la promotion de cette action (publication de l’annonce de la venue de Shihan, conditions de participation au stage et les possibilités offertes pour le recevoir chez eux.
Lors de ma visite aux USA, Shihan… m’a demandé à plusieurs reprises : pourquoi je ne profitais pas de ce voyage pour visiter la région plutôt que de participer quotidiennement à son entraînement. N’était-ce pas, une manière de me tester afin d’éprouver la volonté chez un « demandeur » semble faire partie de la culture des enseignants japonais. En tout état de cause, Shihan a bien voulu donner son accord pour venir à Paris et en province tout en s’engageant sur les dates précises de son séjour.
Le séjour de Shihan s’est particulièrement bien passé. Le stage qu’il a animé dans mon Dojo a remporté un vif succès. Il a également fait l’unanimité où il a dispensé des cours (séminaire ligue Normandie, Vincennes à la garde Républicaine, Paris, Briançon, Toulouse…).
